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L'oubli de l'homme est exil. La vie dans l'exil caractérise aussi notre époque livrée à l'abandon dans ce que Pascal nommait le divertissement. Toutes les fois que l'on fait de ces versions de la
fuite un but, on se perd un peu plus. Le monde de l'art regorge de vanités maquillées. Autant d'erreurs qui nous noient. C'est sans doute pourquoi tant de superbes musées apparaissent de
plus en plus vides aujourd'hui de leurs spectateurs, sauf aux jours de vernissage (devant le buffet bien garni et fleuri avec goût).
La conscience de soi comme don d'être, ouverture à l'autre, est le royaume proche. Cette caractéristique éminemment esthétique qualifiant les vertus d'éros (dieu de l'amour) n'est pourtant guère
partagée actuellement. On ne voit plus beaucoup de telles marques de générosité dans les galeries d'art à la mode et les salons chics (nationaux et internationaux).
C'est cela qui fait date (et tache), qui signe un moment de l'histoire de l'humanité...un tournant dans "la vie des esprits" sans doute.
Comment renouer avec la dialectique de l'espoir ? Comment dépasser le stade immoral de notre temps ?
Là encore l'art peut nous montrer la voie : écoute patiente de soi, application à faire, désintéressement, goût de l'humilité et volonté tenace de ne pas renoncer à ajouter sa pierre à l'édifice
que l'on sait infini. Voilà sans doute quelques pistes pour avancer du néant à l'être, de l'indifférence à la joie, de la surdité au chant qui swingue.
PG
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Pierre Givodan - contact@pierregivodan.com |