Dimanche 23 septembre 2007
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Demi Evans
Cathédrale sonore
Ce n’est pas une voix « dans le temps », mais éternelle et dominée par des générations de chanteurs de l’âme « Soul » que l’on entend ici.Sous l’étiquette blues un chant
perdure qui cherche à retrouver une Amérique jetée dans le bruit et la fureur, à moins qu’il ne s’agisse de l’Afrique…
On oublie le monde. Survit le rythme qui se développe sans nostalgie, une conscience qui a l’âge du Gospel et qui en saisit toute la couleur des souvenirs. Une expérience
vécue entière, lyrique, qui nous surprend sans aucune mystification.
On a l’intuition d’une transe, une révélation, loin des idoles trompeuses et maudites ; le privilège de faire tomber les masques. Un flot de réminiscences survient, le son
d’une guitare suit la cathédrale sonore.
Gagné par les sortilèges, l’angoisse d’où s’extrait la beauté, on est vaincu par la magie des instants, convaincu que personne ne franchit la rivière sans en être
transformé (« Wade in the Water »). Pouvoir affirmer cela : le changement moral, mental, le contact direct avec le moi profond, la résurrection du Temps perdu pour « les
enfants » égarés, n’est pas donné à tous.
Demi Evans a retrouvé le point de l’existence au cœur du pèlerinage aux sources de la vision claire à partir duquel on est mûr pour accéder à cette dimension de l’être,
sans peur, loin de la dispersion.
PG
« J.J. Milteau Live, hot n’blue » (2007)
Les musiciens qui jouent là sont tous à la hauteur de la performance de la chanteuse des USA. Leur vitalité est tout autant foudroyante, à commencer par le fougueux
Milteau, et son talentueux compère Manu Galvin.
photographie Olivier Rose
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