Le cri du loup : Howlin’ Wolf
Ecrire l’histoire du blues électrifié n’est pas possible sans compter avec l’école de Chicago des années 50.
C’est un des maîtres légendaires sur le front des icônes de « la musique du diable » qui nous intéresse ici.
Avec Muddy Waters, Sonny Boy Williamson ou Little Walter, il figure en première place dans le monde des princes qui renouvellent la musique populaire de la seconde moitié du XXème siècle.
Son surnom de Howlin’Wolf n’a rien de gratuit. L’homme domine du haut de sa stature de colosse, la scène de l’époque . Son chant est âpre et stupéfiant.
L’objet de sa plainte est récurrent : l’amour consommé, la haine bue, la solitude sans fin de l’homme perdu dans les villes déshumanisées, l’esprit errant…Et toujours cette soif d’ouverture, ce
goût de la liberté que l’harmonica exprime à merveille par delà le temps, les années, l’espace.
D’où vient l’homme , Chester Burnet de son vrai nom ? Il est né en 1910 et a connu la condition humiliante de l’homme déchu, Noir dans un pays dominé par les Blancs. Son désir est bien exprimé
dans sa célèbre interprétation de « Sittin’ on Top of the world ».
Vaincre la désillusion de l’amoureux déçu ou du sujet lucide devant un destin misérable, qui sait…
« What a Woman », enregistré à Memphis, comme toutes les œuvres du disque cité ici, condense la fascination de Howlin’Wolf pour la passion sentimentale, son besoin d’extirper le mal du couple . «
Poor Boy » témoigne de l’incompréhension de l’époque pour ce grand solitaire qu’est le bluesman d’alors .
Le swing parcourt la musique de Howlin’ Wolf, la joie transpire à travers chaque note chantée, jouée, éructée.
L’homme n’a jamais été dépassé dans la rage d’en finir avec la médiocrité ambiante, mais son combat était sans fin. On salue sa ténacité. Howlin’Wolf est mort en 1976.
Il revit dans AIM Records (Australia) 1995, « Legendary Masters Series » .
PG
voir aussi : Howlin' Wolf dans Wikipedia
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Pierre Givodan Chroniques musicales |