Franchir le seuil.
Le premier alibi de James Coignard, peintre, vertigineux dans son exigence, est la vertu de réciprocité : donner pour recevoir. Son oeuvre à première vue impénétrable dépasse la polarité de
la bonne ou la mauvaise peinture. Mue par l'amour (une rencontre, la passion...) elle va bien au-delà du trivial et frôle le sublîme.
Peinture allégée et jamais prosaïque, parfois terreuse et massive, d'autres fois comme subjuguée par le désir d'infini. Coignard n'a jamais été vaincu et sa guerre fut une victoire
sur les ambiguïtés insolentes du principe d'identité. Pour nous ses axiomes sont moraux :
- Qu'en est-il de l'homme, cet être pensant et mortel ?
Ou encore :
- Mort et immortalité comme éternels problèmes de l'art, hors du temps et d'autant plus internes que l'homme-artiste vieillit.
On reconnaît une oeuvre de Coignard à son mystère en zigzag. Une plénitude du trait noir en forme de figure humaine, une tache rouge, une flèche dirigée vers un chiffre "8", des
nappes bleues et blanches. L'amour dans son élan, auquel succombe fatalement l'artiste vivant, jamais sur la défensive, même s'il s'efforce parfois de réduire ses
prétentions.
L'âge a cependant eu le dernier mot sur James Coignard. La dernière fois qu'il a peint, c'était comme la première fois encore...dans l'éternité. Ses têtes de plus en plus extatiques
approchent la limite du silence. Sur le point de s'évader dans un ultime tour de force le peintre est mort en accostant sur le rivage en un éclair foudroyant. Au-delà confondus
: l'espérance et le coeur qui bat une dernière fois.
Pierre Givodan
James Coignard artiste peintre de renommée internationale, né le 15 septembre 1925 à Tours, est décédé à l'âge de 82 ans le vendredi 7 mars à Mougins, France.
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Pierre Givodan - contact@pierregivodan.com |
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