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Samedi 30 septembre 2006

" Exposition d’automne "

 

du 29 septembre au 12 novembre

et du 1er décembre au 18 décembre 2006

 

Galerie Artenostrum, Dieulefit

 
 
La galerie artenostrum de Dieulefit dans la Drôme  accueille dans son "exposition d'automne"  les peintures  de Jocelyne Clemente.
 
 
L'artiste  diplômée des Beaux-Arts de Saint-Etienne où elle vit  travaille inlassablement sur le thème du paysage. Le sujet est éminamment classique.
 
 
Proscrit tout au long du XXme siècle par les avant-garde, le paysage n'est plus alors le support, ni le lieu d'une réflexion sur le fait pictural. A partir des années 80, les photographes le réintroduisent , ils travaillent à leur tour "sur le motif" pourrait-on dire, dans une relation de sympathie à la nature. Ils font de terribles constats. Les montagnes sont éventrées, les déserts  souillées, des mers ont disparu...
 
 
Jocelyne Clemente possède  la rigueur du photographe. Elle adopte un parti-pris de cadrage et capture ainsi la lumière au sein de la toile.
 
 
Pourtant, dépouillés - nulle présence humaine, aucuns signes contingents  - ses paysages renouvellent les apparences. A la fois familiers par les objets représentés et extraordinaires par l'étrange lumière qui les baigne,   ils captent des moments fugitifs, quasi intimes. Ils suggèrent un danger, disent l'inquiétude de l'artiste devant le monde.  Elle a fait sienne l'esthétique de l'espace vacant des peintres du siècle d'or aux Pays Bas mais ce qui fait image dans son travail ne témoigne pas d'une même situation.
 
 
Le paysage qui a son histoire en peinture nous renseigne sur notre rapport au monde. C'est un sujet nécessairement pertinent. Et on s'étonne qu'en l'absence d'une approche spectaculaire des  éléments qui le composent, il faille tant de  courage pour le traiter en peinture aujourd'hui. Jocelyne Clemente possède le talent qui lui permet d'avoir cette audace.
 
Catherine Plassart

Informations pratiques :

Vernissage dimanche 1er octobre à partir de 15h

ouvert de 14h à 18h30 les vendredis, samedis, dimanches

et tous les jours en période de vacances scolaires ou sur rdv

contact : 04 75 46 83 30                  

Galerie Artenostrum Le Parol, Allée des promenades; 26220 DIEULEFIT

 
Temps de paix - Jocelyne Clemente
 

autre exposition :

Jocelyne Clemente

photographies et  vidéos


du 6 au 22 octobre 2006

 

Musée de la Mine - Saint Etienne

 

Informations pratiques


ouvert tous les jours sauf le mardi de 10h à 12h45 et de 14h à 18h, 19h le week-end.


Site Couriot, Musée de la Mine, 3 bd Franchet d’Esperey, 42000 Saint-Etienne


Vernissage le jeudi 12 octobre à 18h30

 
voir aussi : notre dossier Jocelyne Clemente, le site de la galerie Artenostrum
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Samedi 30 septembre 2006

Exposition
gravures et sculptures
 

du 14 au 16 octobre 2006
 

Dans le cadre des portes ouvertes des Ateliers de Montreuil

 
 

On est pas sérieux quand on s'appelle Didier Hamey.


Son atelier de curiosités est bourré à craquer d'une farandole de fariboles et autres volubilis des jardins.


L'espace d'un week-end bien orchestré à Montreuil, il ouvre la porte aux amateurs sur ses  gravures, peintures, sculptures, ...


Il fêtera aussi la sortie de son livre imagé 

 

Informations pratiques :

Vernissage vendredi 13 octobre à partir de 18h


Atelier de la Queue de Charrue

13 rue Baudin, Montreuil - M° Mairie de Montreuil

ouverture : 14h à 20h
 

Didier Hamey

Tél. : 06.24.39.59.18.

didierhamey@hotmail.com

 
voir aussi : le site de l'artiste  
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Jeudi 28 septembre 2006

Masses et éclats

Les cristaux d'inconscient

J-P Gavard-Perret


Vincent Gontier, Galerie Frédérique Martiningo, Rue M-C de Buttet, Chambéry.

 
 

L'univers de Vincent Gontier ouvre un espace mental et physique particulier. II crée une série de connexions, de rapports dans lesquels "l'écrit" fait masse mais où la matière éclate aussi en une série de métaphores. Le regard s'y éprend, réapprend à voir, se surprend à une contemplation paradoxale (jouant par exemple sur les renversements des notions de grand et de petit). Mais pour cela il ne faut pas se contenter de butiner, de virevolter ni d'être pressé. Il manquerait le poids de la mélancolie - d'une mélancolie agissante telle que la concevait Claude Simon pour son Orion Aveugle - lié à un mouvement qui feint de passer d'un reflet à l'autre. Ainsi, l'oeil vise l'objet, le regard la chose et c'est bien elle qu'il faut contempler dans une oeuvre qui ne cesse d'inscrire une extra-territorialité mais qui fonctionne toutefois dans une dimension organisatrice. Cette dernière subvertit les notions habituelles de dehors et de dedans, d'intérieur et d'extérieur, de matière et de viande. En témoignent les empilements structurants de ses "Petites sculptures" ou les baguettes magiques distribuées en étoiles et en queues de comète de ses "Neurones transmetteurs".



La dimension d'un manque et d'un trop plein est donc au coeur de la postulation de Gontier. Soudain la libido posséde non seulement des métamorphoses mais des trajectoires là où le réel et l'imaginaire ne forment plus de discrimination pertinente. L'artiste nous offre en quelque sorte un voyage réel par la force de l'imaginaire qui vient en contre coup se réfléchir dans la réalité. Ainsi imagination et réalité deviennent deux parties juxtaposables, superposables d'une même trajectoire ou encore deux faces qui ne cessent de s'échanger. Il y a un itinéraire nomade et un voyage en rêve. L'artiste compose des entremaillages de parcours dans d'immenses ou de petites découpes de l'espace qu'il faut lire comme une carte. Le modèle réduit et la compression de petits morceaux de papier amoncelés de manière rectiligne forment des villes immenses. La grandeur de l'enchevêtrement de baguettes rigides crée une autre limite aux synapses de notre corps. L'imaginaire devient une image virtuelle qui s'accorde à l'objet réel pour constituer ce que Deleuze nomma "un cristal d'inconscient". Car, chez Gontier, il ne suffit pas que l'objet réel évoque des images équivalentes. Il faut que se dégage une image virtuelle propre à l'objet. Celle-ci entreprend un voyage imaginaire, s'engage dans le réel suivant un circuit où chacun des deux termes poursuit l'autre. La vision d'une telle oeuvre est faite de ce doublement ou plutôt ce dédoublement. Et c'est dans les cristaux d'inconscient que se voient les trajectoires de la libido.



Cette conception cartographique est très différente de la conception archéologique chère à la psychanalyse. Cette dernière lie en profondeur l'inconscient à la mémoire. C'est une visée mémorielle, monumentale, de commémoration qui ne suffit pas à Gontier . Elle ne porte que sur des terrains capables de conserver, d'identifier ou d'autentifier les choses. Au contraire la cartographie de l'artiste est un lieu où les cartes se superposent pour une traversée. Il s'agit par ce biais de s'enfoncer dans le réel au lieu d'en rechercher l'origine. Gontier, par effet de matières tend à évaluer des déplacements, des transferts pour redistribuer les seuils et clôtures. Ce n'est plus une inversion de sens mais une différence de nature. Ce n'est plus un inconscient de commémoration mais de mobilisation . Les "objets" s'envolent ou se tassent, mais ils ne restent pas dans leur lieu, leur milieu d'origine. Surgissent diverses formes de migration, la création de chemin sans passé même si les matériaux choisis représentent la mémoire du monde.

 

Les oeuvres de Gontier ne doivent pas seulement se comprendre en extension mais aussi parfois en réduction. Son univers est d'intensité, de densité. Cette distribution - fruit sans doute d'une constellation affective - propose une vision particulière qui distribue les affects. Leur liaison constitue chaque fois l'image du corps, image toujours remaniable ou transformable à la mesure des constellations affectives qui la déterminent. L'art atteint un état céleste qui ne garde rien de personnel ou de rationnel. Il est fait de trajets et de devenirs, de "cartes" extensives et intensives. L'art de Gontier se définit donc comme un "cairn" avec des "pierres" rapportées. Et c'est seulement par une telle conception que l'art peut s'arracher au simpliste procès personnel de la mémoire et à l'idéal collectif de la commémoration. Ainsi la sculpture cesse d'être seulement "monumentale" pour devenir hodologique : il ne suffit pas de dire qu'elle est paysage, qu'elle aménage un lieu, un territoire. Ce sont des chemins que Gontier aménage, elle est elle-même un voyage.

 

Sur et hors de la toile : un regard sur l'art contemporain de Jean-Paul Gavard-Perret

 voir aussi : une présentation de Vincent Gontier (Festival de sculpture de Barraux, invité d'honneur 2006)
par Art Point France publié dans : Sur et hors de la toile : J.-P. Gavard Perret ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback
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