Les chroniques intempestives : P. Givodan


Mercredi 13 janvier 2010 3 13 /01 /Jan /2010 17:08



Albert Camus Camus :  L'impensé et l'oeuvre.


Il y a cinquante ans, après une vie de solitude et de solidarité marquée par la maladie, la jeunesse d'esprit et le talent, l'opposant à la bonne conscience française ( de droite et de gauche) sculpté par la mesure grecque et l'ordre classique, disons apollinien, s'éteignait sans jamais avoir oublié le temps ni méprisé les corps.

En quoi était-il philosophe ? Par exemple parce qu'il avait un certain sens historique et un certain amour de l'Orient. Il détestait les "momies" tel que Nietzsche l'entend. C'est à dire les idées éternelles qui tuent. Il ne croyait pas à l'être, lui non plus mais plutôt au mouvement, au jeu des acteurs, à la danse, au sport, à l'apparence des femmes. Il était sensuel et se méfiait des imposteurs, des Tartuffes, des moralisateurs qui se sont assis sur l'espoir des humbles. Moraliste anti "monotono-historique" cependant pour plagier encore Nietzsche. Impertinent Camus. Provocateur aussi, préférant " sa mère à la justice" abstraite.

Camus en quelques thèses:
- Le monde existe.
- L'illusion morale est dans la fuite en Dieu ou dans l'Histoire.
- La vie meilleure est acceptation du beau (la "vie artiste" en est le prototype)
- Espérer malgré tout en la joie possible.

Pierre Givodan



Lire aussi l'article de juillet 2005 ICI


Pierre Givodan                             -

Chroniques intempestives

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Lundi 9 novembre 2009 1 09 /11 /Nov /2009 12:17



Né dans la rue, Graffiti




Rêves d'artistes (et contre-culture).


« Nous sommes faits de la même étoffe que nos rêves ». Shakespeare (La Tempête).


Jean Dubuffet a écrit jadis un livre sur le purgatoire et le paradis des oeuvres singulières dans l'Homme du commun à l'ouvrage (1973). D'abord on y voit que l'intensité des créations se mesure à l'imagination d'un autre monde. Ensuite que les anciens parlent toujours aux nouvelles générations. En deçà et au-delà de l'histoire officielle, on constate que dans l'ombre, les artistes qui ne faiblissent pas, évoquent la sensibilité éternelle, la géomètrie des mécanismes poétiques de toujours. Car nous vivons de bonheurs de ce genre, d'anecdotes et de narrations primordiales. Magie du surnaturel sans procédé. Les artistes ont encore la foi. Le chemin de l'art les place à des distances astronomiques des images convenues. Très proches de Don Quichotte, dans l'inimitié des conducteurs de troupeaux, ils fuient la banalité quotidienne et demeurent dans l'amitié des crachats de lamas. Ils offrent un certain contraste. Même si leur attitude n'est jamais purement filiale, ils obtiennent leur salut en nous donnant une vision des âmes fidèles, parfois perdues et réprouvées, du roman de l'art contemporain. Vive donc les habitants de la rue de l'art, loin du cercle des Évangiles des révolutions libérale ou populaire !


Nous arrivons à ce moment-clé où  loin des cimes ascétiques des anciennes théologies du « Nouveau et des avant-gardes ». l'on demande d'autres stratagèmes :
 - Force du chant lyrique, idée sauvage, mystique du plaisir contre philosophie du « connaître » et du « comprendre ». 
- Désir ludique contre volonté de pénétrer les étoiles, à faire pleurer d'ennui les foules aux antipodes.
- Art improvisé et déraisonnable mais cependant ni aveugle ni ignorant et en guerre contre la comédie des dictateurs de l'art pur, contre les suiveurs de l'idéologie informatique.
C'est ainsi qu'après Versailles (« deux ») nous choisissons par exemple d'apprécier l'exposition de la fondation Cartier à Paris, l'histoire du Tag plutôt que celle de la métamorphose d'un art lilliputien en décor de Walt Disney pour cette fin d'année 2009.

Pierre Givodan




Expositions :
 

1 - au Chateau de Versailles

Xavier Veilhan jusqu'au 13 décembre 2009
(notre présentation de l'exposition ICI)

2 - à la Fondation Cartier pour l'art contemporain, Paris 11e

Né dans la rue, Graffiti prolongée jusqu'au 10 janvier 2010





Né dans la rue, Graffiti




Né dans la rue, Graffiti




Né dans la rue, Graffiti



Informations pratiques :

Fondation Cartier
261, boulevard Raspail 75014 Paris
Tél. 01 42 18 56 50

tous les jours, sauf le lundi, de 11h à 20h.
Nocturne le mardi jusqu’à 22h.

Métro Raspail ou Denfert-Rochereau
(lignes 4 et 6) / Bus 38, 68, 88, 91
RER Denfert-Rochereau (ligne B)


photos : (1) JonOne, The New Face of America, 2009 © JonOneRock / Adagp, Paris, 2009. Photo © Fabrice Gousset(2) Nug, Suède, 2009© Nug (3) P.H.A.S.E. 2, 2009 © P.H.A.S.E. 2 (4) Part One, dessin préparatoire, 2009 © Part One



Pierre Givodan 

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Dimanche 25 octobre 2009 7 25 /10 /Oct /2009 09:56


Mikhaïl Boulgakov Sympathie pour le Diable.
 
Un problème se pose à la lecture du chef d'oeuvre de Boulgakov, le Maître et Marguerite : celui de la conciliation de la joie et du mal.

En effet dans ce roman extraordinaire l'amour qui se manifeste est le prototype du bonheur. Et les héros du livre y aspirent sur le chemin de la vie. Même les pires d'entre eux ( et l'on pense à Ponce Pilate notamment), ceux qui sont lésés, admettent son importance, sentant que par là se joue la réalisation de notre projet de vie.
Ainsi les hommes souffrant, isolés, opprimés, se défendent contre l'anéantissement de leur désir de bonheur, leur "instinct" d'amour. Le livre met par là magnifiquement en scène cette lutte au milieu des dangers pour se rapprocher et pour créer du sens.

Le Diable en tête joue dans la partie, parfois hostile, d'autres fois "participant". Contre toutes les interdictions Boulgakov nous révèle par delà la lutte continue des classes dans la Russie soviétique, la recherche de la satisfaction éternelle dans la civilisation des hommes dressés les uns contre les autres, acharnés à se maintenir vivant et parfois ne le méritant pas.
PG


Lire (en écoutant par exemple Sympathy for the Devil des Rolling Stones) un des meilleurs romans sans doute du siècle écoulé : Le Maître et Marguerite de Mikhaïl Boulgakov.


photo : Mikhaïl Boulgakov




Pierre Givodan

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