Les chroniques intempestives : P. Givodan


Vendredi 26 février 2010 5 26 /02 /Fév /2010 09:19

du 4 février  au 9 mai 2010


Palais des Beaux-Arts de Bruxelles - Belgique





El Greco



Le regard ardent (et riche de profondeur) du Greco.

 
Le Greco est au fondement d'une école (l'Ecole espagnole). On en a fait l'homme d'une époque et d'un lieu et non le constructeur d'un avenir. Et cependant c'était un point de vue partiel et faux. Pour ce qui est de l'homme Domenikos Theotokopoulos, né en Crète dans l'actuelle cité d'Héraclion en 1541, alors protectorat vénitien, il est l'individu d'une histoire et d'un voyage, de Venise à Rome où il découvre le Tintoret et le Titien avant de s'installer à Tolède. Mais le peintre transcende ce passé et développe une pensée en acte aussi "folle" que celle d'un Garouste aujourd"hui. Quiconque voudrait dépasser "El Greco" dans le monde toujours contemporain de l'art devrait sauter au-dessus du ciel.


C'est pourquoi Le Grec parle encore au XXème siècle et à l'aube du XXIème...
Redécouvert récemment à Mexico par 250000 visiteurs (Palais de Beaux-Arts) puis à Bruxelles actuellement, il apparait plus nécessaire que jamais à ceux qui veulent connaître la réalité la plus haute de la couleur jointe à la forme la plus vive  pour s'abandonner à la vie de l'esprit.

PG


Exposition " El Greco Domenikos Theotokopoulos, 1900". 4O oeuvres du maître, du 4 février au 9 mai 2010, Palais des Beaux-Arts à Bruxelles



photo : El Greco, San Juan Evangelista © Toledo, Museo del Greco


Informations pratiques :

Palais des Beaux-Arts
Rue Ravenstein 23
1000 Bruxelles


voir aussi : le site du Palais des Beaux-Arts de Bruxelles

 

Pierre Givodan                                     -

Chroniques intempestives

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Mercredi 13 janvier 2010 3 13 /01 /Jan /2010 17:08



Albert Camus Camus :  L'impensé et l'oeuvre.


Il y a cinquante ans, après une vie de solitude et de solidarité marquée par la maladie, la jeunesse d'esprit et le talent, l'opposant à la bonne conscience française ( de droite et de gauche) sculpté par la mesure grecque et l'ordre classique, disons apollinien, s'éteignait sans jamais avoir oublié le temps ni méprisé les corps.

En quoi était-il philosophe ? Par exemple parce qu'il avait un certain sens historique et un certain amour de l'Orient. Il détestait les "momies" tel que Nietzsche l'entend. C'est à dire les idées éternelles qui tuent. Il ne croyait pas à l'être, lui non plus mais plutôt au mouvement, au jeu des acteurs, à la danse, au sport, à l'apparence des femmes. Il était sensuel et se méfiait des imposteurs, des Tartuffes, des moralisateurs qui se sont assis sur l'espoir des humbles. Moraliste anti "monotono-historique" cependant pour plagier encore Nietzsche. Impertinent Camus. Provocateur aussi, préférant " sa mère à la justice" abstraite.

Camus en quelques thèses:
- Le monde existe.
- L'illusion morale est dans la fuite en Dieu ou dans l'Histoire.
- La vie meilleure est acceptation du beau (la "vie artiste" en est le prototype)
- Espérer malgré tout en la joie possible.

Pierre Givodan



Lire aussi l'article de juillet 2005 ICI


Pierre Givodan                             -

Chroniques intempestives

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Lundi 9 novembre 2009 1 09 /11 /Nov /2009 12:17



Né dans la rue, Graffiti




Rêves d'artistes (et contre-culture).


« Nous sommes faits de la même étoffe que nos rêves ». Shakespeare (La Tempête).


Jean Dubuffet a écrit jadis un livre sur le purgatoire et le paradis des oeuvres singulières dans l'Homme du commun à l'ouvrage (1973). D'abord on y voit que l'intensité des créations se mesure à l'imagination d'un autre monde. Ensuite que les anciens parlent toujours aux nouvelles générations. En deçà et au-delà de l'histoire officielle, on constate que dans l'ombre, les artistes qui ne faiblissent pas, évoquent la sensibilité éternelle, la géomètrie des mécanismes poétiques de toujours. Car nous vivons de bonheurs de ce genre, d'anecdotes et de narrations primordiales. Magie du surnaturel sans procédé. Les artistes ont encore la foi. Le chemin de l'art les place à des distances astronomiques des images convenues. Très proches de Don Quichotte, dans l'inimitié des conducteurs de troupeaux, ils fuient la banalité quotidienne et demeurent dans l'amitié des crachats de lamas. Ils offrent un certain contraste. Même si leur attitude n'est jamais purement filiale, ils obtiennent leur salut en nous donnant une vision des âmes fidèles, parfois perdues et réprouvées, du roman de l'art contemporain. Vive donc les habitants de la rue de l'art, loin du cercle des Évangiles des révolutions libérale ou populaire !


Nous arrivons à ce moment-clé où  loin des cimes ascétiques des anciennes théologies du « Nouveau et des avant-gardes ». l'on demande d'autres stratagèmes :
 - Force du chant lyrique, idée sauvage, mystique du plaisir contre philosophie du « connaître » et du « comprendre ». 
- Désir ludique contre volonté de pénétrer les étoiles, à faire pleurer d'ennui les foules aux antipodes.
- Art improvisé et déraisonnable mais cependant ni aveugle ni ignorant et en guerre contre la comédie des dictateurs de l'art pur, contre les suiveurs de l'idéologie informatique.
C'est ainsi qu'après Versailles (« deux ») nous choisissons par exemple d'apprécier l'exposition de la fondation Cartier à Paris, l'histoire du Tag plutôt que celle de la métamorphose d'un art lilliputien en décor de Walt Disney pour cette fin d'année 2009.

Pierre Givodan




Expositions :
 

1 - au Chateau de Versailles

Xavier Veilhan jusqu'au 13 décembre 2009
(notre présentation de l'exposition ICI)

2 - à la Fondation Cartier pour l'art contemporain, Paris 11e

Né dans la rue, Graffiti prolongée jusqu'au 10 janvier 2010





Né dans la rue, Graffiti




Né dans la rue, Graffiti




Né dans la rue, Graffiti



Informations pratiques :

Fondation Cartier
261, boulevard Raspail 75014 Paris
Tél. 01 42 18 56 50

tous les jours, sauf le lundi, de 11h à 20h.
Nocturne le mardi jusqu’à 22h.

Métro Raspail ou Denfert-Rochereau
(lignes 4 et 6) / Bus 38, 68, 88, 91
RER Denfert-Rochereau (ligne B)


photos : (1) JonOne, The New Face of America, 2009 © JonOneRock / Adagp, Paris, 2009. Photo © Fabrice Gousset(2) Nug, Suède, 2009© Nug (3) P.H.A.S.E. 2, 2009 © P.H.A.S.E. 2 (4) Part One, dessin préparatoire, 2009 © Part One



Pierre Givodan 

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