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"Pour ne pas s'épuiser dans la mise en scène burlesque de leur gémellité antagoniste, les frères Turpin se sont naturellement orientés depuis quelques années vers une expérimentation non dialectique de la question du double, en branchant leurs corps d'artistes sur toutes sortes de machineries (prothèses, extensions, éléments d'architecture, projections, sculptures, etc.). Les « Siamoiseries » donnaient l'exemple, en faisant en sorte que des appareillages transforment le lien forcé en une performance où l'organique se trouve reconduit au mécanique. Raccordés par les visières de leurs casquettes, par le bout de leurs bottes ou par un bassin artificiel, les jumeaux sont condamnés à courir du même pas, ou à s'obliger à de cocasses mouvements giratoires en menant la danse tour à tour.
La performance trouve son prolongement dans une profusion de dessins, de schémas, de modèles et de constructions en volume. On passe alors des procédés mécaniques à un véritable devenir-machine. Les corps se raccordent sur une matière en devenir, traversée et déformée par des champs de forces, et les sculptures en résine et peinture polyuréthane blanche (la série des « Drougs » en particulier) relaient cette exploration formelle en l'organisant dans l'espace.
Ces tortillons, ces machins parfois monumentaux, n'ont pas de forme identifiable malgré le jeu de résonances symboliques qu'elles suscitent inévitablement (ombilics, molécules, résidus organiques, chromosomes « Y », etc.). On a affaire à un matériau biomorphe en devenir, un élément de machinerie qui tient autant de l'outil (bêche, pioche, câble de connexion) que de l'appendice organique. Les « Drougs » sont moins des objets métaphoriques que des projections, ou des prototypes. On songe aux ectoplasmes prisés par les spirites, mais aussi aux modélisations infinies offertes par l'ingénierie génétique.
Chacune de ces sculptures appelle d'ailleurs une installation spécifique, rêvée ou effectivement réalisée in situ : l'architecture de l'espace public est leur lieu naturel, d'autant plus naturel qu'il est déjà lui-même plus machiné (machine-Beaubourg, machine-Notre Dame). Si le site choisi à Nanterre se prête bien à l'expérience, « Nés on » devrait projeter sur l'espace alentour une lueur étrange. Espérons qu'elle capte en retour quelque chose de la « marée montante » ou de la lente « incubation » (Le Corbusier) qui reconfigure les villes. "
Elie During, octobre 2006
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Franck et Olivier Turpin, nés en 1964, vivent et travaillent à Paris. Artistes jumeaux, ils développent un travail en commun depuis dix ans. Alimentée par leur gemellité, leur démarche artistique interroge l'espace physique et mental déployé entre leurs personnes. Le duo s'est formé par le biais de la vidéo en 1996. Depuis, ils ont réalisé une cinquantaine de vidéos et des performances. Leurs recherches se développent dans une approche multimédium (vidéo, animation, sculpture, dessin, peinture, etc.).
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informations pratiques :
Vernissage de l'exposition
Et inauguration d'une oeuvre pérenne commandée par la ville de Nanterre :
Peinture en forme de flaque de peinture, 2006 de Miguel Angel Molina
Le jeudi 14 décembre 2006 de 18h à 21h
Galerie Villa de Tourelles (face à la Maison de la musique)
9, rue des anciennes-mairies 92000 Nanterre - A 7 minute du RER A Centre Ville
Ouverture les mardis, jeudis et vendredis de 16h à 19h et les mercredis et samedis de 14h à 19h
Entrée Libre - Renseignements 01 41 37 52 06 - galerievilladestourelles@mairie-nanterre.fr
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