Les chroniques intempestives : P. Givodan


Dimanche 15 mai 2011 7 15 /05 /Mai /2011 11:37

 

 

 

La liberté en peinture 

 

"Il faudrait pouvoir montrer les tableaux qui sont sous le tableau " Picasso


 
Le palimpseste
 
Effacement, recouvrement ou alors profondeur établie à partir du blanc comme fond, mais l'important étant que ce blanc est conçu déjà comme épaisseur, couche, peinture.
Peinture sur peinture donc . La peinture ne s'établit pas elle-même. Elle n'est pas première. Au fondement de la peinture il y a du déjà peint , effacé, recouvert ou posé sur la toile vierge.
Ainsi l'acte de peindre ne fonde rien . La peinture est dérivée d'une peinture antérieure. On ne commence jamais un tableau, on le recommence. Répétition. Mais non pétition de principe. Il n'y a plus de principe en peinture, pas de vérité aujourd'hui qui ne se prétende relative à un contexte, une période, une étape dans la création. Exit l'idée de Peinture donc avec Ryman par exemple.
 
Feu sur la peinture idéale
 
Il fut sans doute un temps ou l'on avait une idée à priori de la peinture , du sujet et du peintre, de sa vocation, de l'appel auquel il répondait : peinture religieuse, mythologique, oeuvre de commande.
Mais aujourd'hui nous n'en sommes plus là . Le réel semble avoir ruiné l'idée. La peinture se fait pour rien, ou plutôt pour affronter la perte des certitudes. Peinture post-moderne enfin. Plus de grand récit donc, mais le récit d'une perte. Perte du sens ... ou sens en devenir. Renversant la première certitude cartésienne (je pense que je suis peintre donc je m'efforce d'exister tel), la posture actuelle, à rapprocher du "projet" existentialiste donne : j'existe comme peintre donc je me pense progressivement tel. C'était déjà le cas avec Edward Hopper au milieu du XXème siècle.
 
"L'autodafé" symbolique (Munich, 1937)
 
Un moment historique : l'exposition inaugurée sous le régime nazi de " l'art dégénéré ". Cela suppose que derrière Klee et les partisans  de l'art du XXème siècle une guerre se joue dans le goût de l'époque, opposant l'esthétique néo-classique, nostalgique d'une culture, d'un monde disparu et les disciples de l'abstraction et de la fin de l'art imitatif ou normatif. "L'art rend visible" (l'invisible), Klee, ou l'art reconstruit le visible (Speer, architecte d'Hitler).

Pierre Givodan

 

 

 

  Robert-Ryman

 

Robert Ryman 9 série Blanche 2004

 

 

Edward-Hopper-Self-Portrait.jpg

 

Edouard Hopper Autoportrait

 

 

Klee.jpg

 

Paul Klee La légende du Nil 1937

 

 

Pierre Givodan

Chroniques intempestives

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Mardi 26 octobre 2010 2 26 /10 /Oct /2010 10:17

 

 

Damien Hirst

 

 

L’impureté dans l’art
(et le désert croît)

La volonté de salir et le désir d’impureté sont l’expression du mauvais esprit. Je ne vous aime pas dit l’artiste en mal de souffrance. Et je n’aime pas non plus « l’image » que vous avez fait de moi. Je me salis. Je me mets en scène et je vous dévisage. Je suis un monstre. Art de l’exception visible au cinéma, parfois en peinture, en photographie. Art de la provocation. Du corps malmené, des icônes crucifiées. Musique pleureuse qui gémit son mal-être de spasmes et borborygmes crachés. Y a-t-il une époque pour cet état de la conscience ? Appelons là Adolescence psychique. Ou refus de grandir ou plutôt de se grandir. Conscience de la petitesse de l’âme, infiniment creuse, vidée et malheureuse.

 

Mais il y a plus, nous vivons aussi l’acte de naissance de la violence justifiée contre toute inscription dans une continuité. Art de la rupture, de la cassure. Art de la déconstruction et de la destruction, en sculpture, installation. Art de la table rase et de la volonté d’en finir avec l’histoire, le passé, la mémoire au nom d’un désir aveugle sur son véritable objet. Refus du beau, trop naturel, du sublime, trop romantique, de l’enthousiasme, trop primaire et même de la jouissance, décidément naïve, que donne encore parfois quelque artiste isolé… osant.


Et pourtant il y a une histoire de l’art qui assume encore le bonheur de vivre. La joie d’exister. Des peintres, musiciens, gens de théâtre ou de cinéma, des poètes qui cultivent l’harmonie, même et surtout dans la musique, le dialogue, la composition. Un désir assumé de pureté ; le mot qui désormais devrait sonner faux, mais pourquoi ? La haine se vend bien, la colère rapporte gros et il y a un commerce de la laideur, voire même des modes qui justifient une « culture » des perdants de l’histoire qui veulent le pouvoir. Car nous y sommes. Le refus d’hier, le désir du soir, la volonté d’en finir, le nihilisme en somme dans l’art et dans les apparences ne sont que la manifestation concrète de cette perte d’origine non comprise ( mal voulue) dont se repaissent les partisans de l’impur qui hantent musées, décors et places laissées vides.
PG

 

 

 

 

 

André Cerrano Piss Christ

 

André Cerrano Piss Christ

 

 

 

maurizio cattelan

 

Maurizio Cattelan Hitler

 

 

 

nan-20goldin5.jpg

 Nan Golding

 

 

photo (1) : Damien Hirst  The Physical Impossibility of Death in the Mind of Someone Living (1991)

 

 

 

 

Pierre Givodan

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Mercredi 14 avril 2010 3 14 /04 /Avr /2010 15:16

Rodin et la couleur.

 

du 27 mars au 21 juin 2010

 

Musée de l'Annonciade - Saint-Tropez (83)

 

 

Auguste Rodin aquarelle  

 

Les reines de Rodin.


On n’accusera pas Rodin d’être un amant infidèle de la couleur ni d’avoir plusieurs préférences à la fois. Mais si l’on passe devant ses dessins, on verra ce que l’on n’avait pas imaginé parfois : la glorification du corps de la femme sans orgueil représentée à l’aquarelle rehaussée ou non de lavis de rouge au milieu de la lumière, comme personne ne pouvait en relever le défi alors.


Sans honte ni hasard et avec une violente passion contemporaine Rodin (1840-1917) dit la même chose qu’en sculpture avec amour et en vérité :
- Est-ce que vous avez su donner sans faute votre intérêt particulier à la reine des créatures, celle qui a ôté de votre pensée la brouille ? Sacrifiez donc à votre muse l’attachement nécessaire !


Le trait est toujours subtil et agréable, l’aventure des formes ne trompe pas, la joie que donne la présence aimée est un prodige. Dans cet état qui fait des jaloux le sujet nous oblige à marcher dans les pas de l’artiste avec l’impression  d’avoir trouvé en Rodin le roi de l’amitié en peinture, parmi la cour des grands.


PG

 

 

 

 

 

Auguste Rodin aquarelle Informations pratiques :

 

Musée de l'Annonciade
Place Grammont
83990 Saint-Tropez

annonciade@ville-sainttropez.fr
Tél. 04 94 17 84 10

ouvert :
tous les jours sauf le mardi
de 10h à 12h et de 14h à 18h

 

voir aussi : le site du Musée de l'Annonciade

 

 

 

 

 

 

Pierre Givodan

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