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Mardi 24 janvier 2012 2 24 /01 /Jan /2012 18:46

"Je hais les couples "

 

une proposition de Jeanne Susplugas & Alain Declercq

 

du 20 janvier au 25 février 2012

 

W JAMOISART SPACE Paris 10e

 

 

 

susplugas.jpg

 

 

 

LES HEROTIQUES : MANUEL DE FELIXITé DE JEANNE SUSPLUGAS

 par Jean-Paul Gavard Perret

 

Une nouvelle fois Jeanne Susplugas surprend dans un travail de lisière où elle joue mais de manière très discrète entre innocence et (peut-être) cruauté… Toujours à la limite des choses dans chacun de ses registres (dessins, photographies,  installations, vidéo) il existe dans sa nouvelle proposition une séduction première. Mais très vite le spectateur peut se demander ce qui se cache derrière….

 

Invitant des couples d’artistes elle pose la question du rapport de proximité étroite qui peut exister entre deux créateurs tant sur le plan de la passion amoureuse que de la création. Certains la jouent « perso ». D’autres tentent sinon un travail à quatre mains du moins à deux cœurs. Toujours est-il qu’il existe toujours – implicitement ou non – une confrontation de deux ego. Pour autant fidèle à qui elle est Jeanne Susplugas n’impose rien : elle propose.

 

Ses protagonistes sont séduisants. Mais on peut se demande jusqu’où peut aller leur innocence. Toutefois l’artiste ne présente ni une thèse, ni – pour paraphraser Cronenberg – une « dangereuse méthode »  à portée psychologique. Elle se contente de mettre en scène de petites pièces très « easy » que l’on associe précisément et communément à  une époque heureuse de la vie.

 

Elle aborde ce thème (pas toujours très drôle en dépit se sa félicité inhérente)  en metteuse en scène et prêtresse discrète avec humour mais sans cynisme - comme elle le faisait dans une de ses vidéos lorsqu’elle faisait un gros plan  sur les jambes poilues d’une petite fille. Ici cependant pas de moments farces. A chaque couple son propos et sa proposition.  Les « tourtereaux » sont  (apparemment ?)  plutôt réjouissants. Les femmes y sont belles. Et les garçons pas mal non plus. Et l’on sent dans chacun d’eux une relation privilégiée quoique dégagée de tout sentimentalisme du type « Coup de foudre à Notting Hill).

 

Il n’empêche que de la nature des couples-artistes semble ressortir une certaine solitude. Une solitude présente il y a quelques années dans des vidéos de l’artiste ( « The bath » ou « In the plane »).  Certes dans leurs mini narrations, leurs histoires courtes et leurs carnets intimes  les protagonistes sont saisis selon leurs humeurs et leurs options créatrices et existentielles. L’ambiance peut être interlope mais ludique et en rien malsaine. Il y a là de l’« Expanding body » et un univers amoureux.

 

Par cette proposition Jeanne Susplugas ouvre un nouveau pan de ses interrogations sur le corps. Il ne s’agit plus de jouer avec comme elle le fit avec ses poupées qui frisaient autant le grotesque que l’érotique sous couvert d’un jeu qui faisait la synthèse entre Bellmer et Annette Messagier. Nul ne peut dire si à travers ces couples  est explorée une forme d’aliénation… On en doute même s’il faut toujours se méfier des jeux de Jeanne. Toujours est-il que le corps reste bien là, qu’il circule dans un transport amoureux de bon aloi – évocation de nos rituels quotidiens...  Et si ces couples servent de miroirs au couple que l’artiste forme avec son partenaire la métaphore qui surgit n’est pas évidente. On ne parvient à distinguer la part de fascination de celle d’un sentiment inverse que peut procurer la  présence (extra)ordinaire de l’alter ego.

 

L’artiste peut poser autant la question du rôle respectif des deux membres dans une relation d’artiste que celle de la place de chacun d’eux dans son rapport à l’autre sexe. Parfois il pourrait sembler que la femme est confuse dans son rôle de femme. Mais l’inverse est vrai aussi.

 

De toute façon et comme toujours Jeanne Susplugas ne prêche pas, ne démontre pas : elle  nettoie dans ce qui reste avant tout  une ode au plaisir. Se montrer en couple fait peut-être durer le désir. On ne dira pas que sans cela n'aurait d’existence immédiate... Mais on sait que l'artiste ne cesse de tendre des pièges.

 

Elle préfère le constat et le jeu formel saupoudrés d’un brin de candeur équivoque dans des dispositifs qui touchent une troublante intimité jamais violée. S’y dégage par échos et en filigrane  la poésie fragile de l’artiste. L’artiste  proposer l'élan artistique ou le secret amoureux.

 

A  la langue du corps épris répond celle de l'artiste. Une double corporalité surgit. Elle conjugue l’élan de l'existence et celui de l'art.  Les corps s’exaltent dans la prolongation de cette étreinte. Compénétration organique et mentale, sa perception, sa sensation. Atmosphères. Effluves.

 

Et à la folie de l’art  répond celle de l'amour - l'inverse est vrai aussi. Une des deux est la folie qui dure. La folie pure. On y sacrifie les détails à la vue de l'ensemble. Reste une musique venant de partout, venant de nulle part. Venant du corps. 

 

Le voyeur tel un enfant cherche à comprendre. Il sait que dans les contes la promise est vierge au soir des noces, qu'elle monte telle dans le lit et que la nuit son époux prend sa fleur. L'enfant voudrait comprendre quelle est cette fleur. Et pourquoi cette fleur quand on la prend à la vierge pleure de sang. Ici l'enfant écoute les « contes » lancés par l’artiste.

Il contemple les images. Il sait soudain que si les épines de la rose font saigner, la rose saigne aussi quand on la coupe et que de ce sang surgit le héros. L’enfant maintenant est devenu grand. Jeanne Susplugas lui offre une autre méditation.

 

 

Informations pratiques :

 

W JAMOISART SPACE Paris

LOFT CMJN, 46 boulevard Magenta, 75010 Paris

Fond de la deuxième cour - Code 3945

ouvert les Samedi 28/01, 04/02, 11/02, 17/02 et 25/02 entre 14h et 19H.

Métro : Jacques Bonsergent - Parking : Parc Saint-Laurent, 52 rue des Vinaigriers Ouvert uniquement sur rdv +33 (9) 51 74 75 39

 

Vendredi 20 janvier 2012 5 20 /01 /Jan /2012 15:44

Reflets d'âmes

 

du 20 janvier au 15 mars 2012

 

Galerie Délits des sens - Avignon

 

 

 

anne-marie cutolo

 

 

La peinture fait et défait, à l’envi ; par là même, la mort en peinture n’existe pas

 

Ou alors, ce n’est que ça : la mort – transformation infinie, cycle toujours recommencé, toutes les saisons sont là, et l’eau se mêle à la terre, devient boue, se condense à nouveau en pluie, redevient matière, pourrit en forme 

 

Peu importe le cri, la grimace, le signe de défaillance, d’extase ou de douleur ; le visage est toujours là, intact En signe d’amour, la dévastation comme geste de guérison 

 

Peinture du visage comme une accélération du temps ?

Chaos, naissance, vieillissement et mort – pour renaître sur un rien de papier, sur une peau de toile. Anne-Marie Cutolo (notes d'atelier)

 

La galerie Délits des Sens en Avignon affiche clairement un courant fort et puissant d’artistes expressionnistes. la galerie défend une peinture figurative faite de mouvements, de forces et d’émotions. Elle invite à découvrier du 20 janvier au 15 mars  les oeuvres des artistes Christiane Collin, Sourski, Jean-Baptiste Dumont, Sylvie Lobato, Gilles Barp, Benjamin Carbonne et  Anne-Marie Cutolo. 

 

 

 

anne-marie cutolo

 

 

photos : (1) peinture 65 x 54 cm, (2) peinture 73 x 60 cm

 

 

Informations pratiques :

 

Galerie Délits des Sens

3 rue de la Campane 

84000 AVIGNON 

04 86 81 98 19

 

voir aussi : la vitrine d'Anne-Marie Cutolo dans Art Point France

 

Par Art Point France - Publié dans : Sud Est : expositions - Ecrire un commentaire
Mercredi 18 janvier 2012 3 18 /01 /Jan /2012 17:28

L'empapillonneur

 

exposition 

 

jusqu'au 19 février 2012

 

Musée de Gravelines - Gravelines (59)

 

 

Didier Hamey

 

Première exposition personnelle pour ce poète miniaturiste et imaginatif. Un anti Jérôme Bosch dont les créatures fantaisistes et fantasques, loin d'évoquer les distorsions du monde ou des cataclysmes inéluctables, attirent au contraire leurs spectateurs dans une farandole fabuleuse. Didier Hamey nous invite dans un monde peuplé de petits nids-cocons, d'arbres-maisons et d'animaux malins. Vous y rencontrerez peut-être en rangs désordonnés, quelques vagues lapins en conversation, des semblants de canards en prise de bec, de doux échappés du carnaval de Dunkerque, des cœurs à l'endroit et à l'envers ainsi que de nombreuses caramboles coquines.

 

Didier Hamey

 

En parcourant l'œuvre de Didier Hamey, peuplé d'êtres hybrides et joyeux entretenant dans une parfaite harmonie des relations pour le moins équivoques, vient assez rapidement à l'esprit le triptyque du Jardin des Délices de Jérôme Bosch (1453-1516). Cette œuvre magistrale continue de faire débat et l'on cherche encore à décrypter le détail des intentions du peintre qui représente un monde imaginaire fourmillant de personnages dont les attitudes insolites n'ont rien de commun avec une vie terrestre ordinaire. Folie, rêverie, symboles, paraboles, cocasseries, le panneau concentre ces composantes qui laissent si peu de place à la rationalité au profit de la liberté d'imagination. Il est vrai que l'expression de la liberté prise à bras le corps et sans complexe de jugements, donne lieu à la plus grande incompréhension pour un public en recherche permanente de repères.

 

L'œuvre de Didier Hamey est à rapprocher de cette famille d'images fantaisistes qui, loin d'être gratuites, sont assez éloignées du monde non moins fantaisiste de l'illustration. Elles n'illustrent pas un monde, elles forment un monde et véhiculent des sens cachés à fortes charges symboliques.

 

L'une d'elles s'intitule Le jardin des délicieux. Il y a là une façon de revendiquer un lignage sans se prendre au sérieux qui est la marque d'un artiste qui manie l'humour avec une subtilité consommée. Cependant, à aucun moment cette revendication n'a été si clairement exprimée, et nous verrons à quel point Hamey est un artiste taquin qui construit une œuvre en forme d'hymne dont l'Amour est le cœur, et la joie, l'amitié, la fécondité et l'érotisme, les épicentres d'un même univers.

 

L'Empapillonneur ? Deux estampes portent ce titre. L'une d'elle représente un personnage étrange, sorte de hibou-koala dont il manque la partie supérieure du crâne. L'animal se présente frontalement. Une nuée de personnages indistinctement définissables, embryons, larves, têtards ou graines se dispersent dans les airs, encore pris dans les volutes rouges et roses qui les contenaient l'instant d'avant.

 

L'autre estampe fonctionne sur le même mode. Un être imaginaire muni d'une queue à plumage circulaire progresse dans un espace aérien libérant derrière lui un nuage touffu de petites bestioles. L'empapillonneur est une figure d'un autre néologisme, l'ensemenceur, personnage céleste, allégorie de la fécondité qui diffuse la vie sur le monde. 

 

Mais Didier Hamey nous ouvrant l'imagination comme d'autres nous ouvriraient l'appétit, l'empapillonneur est celui qui entortille, qui emmêle, qui emmène son spectateur sur des pistes qui l'égare, en somme, un esprit taquin, un joueur. Car l'œuvre de cet empapillonneur est plus profonde qu'elle ne le prétend. Bien plus qu'un cabinet de curiosité qui rassemble en son sein des merveilles exotiques, elles sont un tout qui, juxtaposées, reconstituent un monde disparu. 

Paul Ripoche

Extrait du numéro 1 de la collection

Trait pour trait édité à l'occasion de l'exposition

Didier Hamey, l'empapillonneur

 

 

Informations pratiques :

 

Musée de Gravelines

Château - Arsenal

59820 Gravelines 

Tél : 03 28 51 81 00 

 

Ouvert tous les jours sauf le mardi

 

voir aussi : la présentation de Didier Hamey dans Art Point France 

Par Art Point France - Publié dans : Nord Est : expositions - Ecrire un commentaire
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