Les édito de la Feuillée : C. Plassart


Jeudi 15 avril 2010 4 15 /04 /Avr /2010 10:21

 

 

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L'art, l'identité, l'histoire.

Le langage de l'art est universel et le sens jaillit de quantité de créations. On y voit des objets du présent. On y trouve des sentiments. On y devine des traces du passé. Par bonheur, les trésors des “classiques” ou des cultures archaïques ne sont jamais tout à fait oubliés. Ils transparaissent dans ces tournures du nouveau qui prolongent la mémoire et devancent les yeux. Heureux moment, qui voit la pensée se nourrir de l'image.

Alors que nous sommes chevillés en un point du globe, l'art nous fait parcourir le temps. La mobilité du regard et celle de la pensée suppléent celle du corps. Par chance de nombreuses expositions parcourent les chemins de la terre. Parfois on est attentif à l'origine des auteurs des oeuvres, surtout si didactiquement elle nous est précisée. Souvent dans un élan on l'oublie, faisant notre, ce qui vient d'ailleurs. Dans le champ rétréci de notre perception, les images fondamentales et évasives reviennent, se répètent, s'installent.

Car images et objets décrivent merveilleusement les états essentiels. Ainsi l’identité des personnes, aussi difficile à penser qu’à dire peut-elle s'illustrer dans une palette, un vocabulaire plastique. Cette combinaison étonnante du passé, du présent, du singulier et de l'universel dans les oeuvres est une piste pour une définition de soi, identique dans la durée, mobile dans l'espace et en lien avec les autres.

Catherine Plassart

 

 

 

photos : (1) Simon Hantaï Hongrie, (2) Sundaribai Inde , (3) ITO Yoshihiko Japon

 

 

voir aussi : La Feuillée du 15 avril 2010 

 

 

Catherine Plassart 

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Les éditos de La Feuillée

 

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Jeudi 1 avril 2010 4 01 /04 /Avr /2010 09:41

 

  La Feuillée 2010

 

 

L'actualité de la pensée utopique.

L'architecte Yona Friedman prône la mobilité de la pensée et propose des pistes architecturales. Récusant l'impérialisme des modèles et le dictat des normes établies, il défend l'art architectural par analogie avec l'art culinaire et en fait aussi bien l'affaire des "non-professionnels". Recyclage des matériaux pauvres, gestion de l'imprévu, il réunit la nature et l'homme dans un même geste.

 

Dans les images de Pancho Quilici, le minéral, le végétal, les objets de la technique se fondent dans un même langage architectural nourri. Le temps, l'espace,  l'énergie et la matière se condensent dans la représentation d'un  lieu, d'une terre promise. Hervé Coqueret quant à lui envisage une maison, "Ma maison même". Éminemment séduisante quand elle est fictive, il tente sa réalisation dans le champ du possible.

 

C'est peut-être dans l'architecture que la pensée utopique s'exprime le mieux. Mais elle consiste moins à faire appel à l'imaginaire pour formaliser un lieu de rêve qu'à viser une manière de conciliation entre des entités éloignées. Ainsi quand nous cherchons à répondre aux questions " - Quel espace de vie voulons nous ?" ou "- Que faisons-nous de l'espace que l'on nous octroie ?" la réponse se trouve non pas dans l'échappée belle d'une idéalité rêvée mais dans les modes alternatifs de résolution des oppositions fondamentales.

Catherine Plassart

 

 

photos : (1) Hervé Coqueret, (2) Yona Friedman, (3) Pancho Quilici

 

 

voir aussi : La Feuillée du 1er avril 2010

 

 

 

Catherine Plassart 

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Vendredi 19 mars 2010 5 19 /03 /Mars /2010 09:38

 

  La Feuillée 2010

 

 

Le surréalisme insulte les imbéciles.

Le surréalisme émerge tout droit de la psychanalyse freudienne. L'inconscient parle en découpes et collages avec ses propres mots, ses propres images. Les oeuvres surréalistes ont pour sujet l'inconscient lui même. C'est leur esthétique. A la parole normale, elles substituent la parole véritable. A "l'Être parlant", elles préfèrent "l'Être parlé" (Lacan). Car le plus important dans un écrit, une image n'est jamais ce qui est délibérément énoncé, montré, mais ce qui manque et s'inscrit dans une vacance, "l'ombilic du rêve" (Freud).

 

Ignorance de la logique apparente et sincérité totale, l'écriture automatique favorise le jaillissement de la poésie. Pertubation de l'échelle, distorsions du sujet, la représentation en photographie ou en peinture est souvent ambiguë. La subversion des images tient à un jeu de cache-cache avec la réalité, à des mises en scènes "absurdes" ou burlesques.

 

Les surréalistes affichent le plus grand mépris pour les préjugés. Ils exigent du monde qu'il change. La violence qu'ils exercent consiste à malmener le réel, à lui appliquer toutes sortes de forces de transformation. Les artistes ne font aucune concession au goût du public, ils ne cherchent ni à plaire ni à déplaire. Ils se moquent du succès. "En cela ils sont contre la commercialisation de l'esprit" déclarait .Benjamin Péret qui ajoutait : "Nous insultons les imbéciles". Les grands cris et les éclats de ces enfants terribles tournoient dans un espace planétaire désormais vidé de toute utopie. Plusieurs expositions leur sont consacrées qui donnent à penser ce que pourrait être un bon bol d'air dans nos sociétés clientélistes confinées dans la peur et le conservatisme.

Catherine Plassart

 

 

(1) Hans Bellmer, (2) Arshyle Gorky, (3) Dora Maar , (4) Frida Khalo

 

 

voir aussi :La Feuillée du 19 mars 2010

 

 

Catherine Plassart 

Catherine Plassart - contact@artpointfrance.org

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