Monde : expositions


Lundi 8 janvier 2007 1 08 /01 /Jan /2007 05:01

Les larmes de Schéhérazade


du 28 12 2006  au  04 02 2007

Galerie Rê - Marrakech (Maroc)




Sébastien Pignon

Les larmes de Schéhérazade (détail),
huile sur toile, 146 x 114 cm, 2006

Des œuvres de Sébastien Pignon, c'est peu dire qu'elle sont saisissantes : ce peintre à la forte personnalité, anticonformiste par nature et par passion, fuit la peinture dès qu'elle touche au décoratif. Depuis son premier recueil de dessins, Devant-derrière, érotique comme il convient, fort, aux antipodes de la pornographie, jusqu'à ses expositions récentes de " Pisseurs " et de " Pendus ", Pignon traite bien du " Moment actuel "… Le regard qu'il porte sur ses contemporains est acide, sans complaisance ; avouons que l'époque n'est pas toujours reluisante. On pense à Bacon - pour le traitement libre de la figuration, la précision du trait, l'intérêt porté à ce que la norme écarte. Que l'on ne s'attende donc à rien de " joli " dans cette exposition de la galerie Rê : dans cet Orient imaginaire d'une Shéhérazade assistant impuissante au spectacle de notre temps il n'y a pas de place pour l'orientalisme. D'étranges scènes reflétées/contenues dans les larmes du personnage éponyme forment une sorte de condensé de violence ; violence dont Les mille et Une nuits ne sont évidemment pas exemptes… Une exposition attachante, révélant au Maroc un artiste hors norme, dessinateur incisif, coloriste par nature, peintre parce qu'il faut bien démonter les apparences pour pouvoir comprendre et montrer l'humain. Trop humain.

Alain GORIUS

Sébastien Pignon est né en 1972. Il vit et travaille à Paris, et expose pour la première fois à Marrakech. (On a pu voir certaines de ses encres et de ses aquarelles au dernier Salon du Livre de Tanger, et plusieurs de ses livres d'artiste à la galerie Delacroix (Tanger, février 06, L'art et le livre). Après des études à l' Ecole Nationale Supérieure des Beaux-Arts de Paris (1988-1990),  il obtient le  Grand Prix de Rome et séjourne un an à la Villa Medicis (2005-2006).

 

Sébastien Pignon Sébastien Pignon a illustré plusieurs tirages de tête de livres publiés aux éditions Al Manar, Tunis - Goulette - Marsa Henri-Michel Boccara, Isabelle l'Algérien texte de L. Sebbar, Aldjezar texte de A. Bensoussan, Les Algériens au café textes rassemblés par L. Sebbar.

 Il a réalisé  Elodie à son piano  avec Alain Gorius,  un charmant petit livre d'artiste dans la collection Erotica des eds Al Manar.

 informations pratiques :


Galerie Rê
Résidence Al Andalous III,
Angle Rue de la Mosquée et Rue Ibn Toumert N° 3
Guéliz
40000 Marrakech (Maroc)
tél . : + 212 (0)2 44 32 25 8

voir aussi : les livres d'artiste de Sébastien Pignon



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Vendredi 17 novembre 2006 5 17 /11 /Nov /2006 05:50

"Transparency"

du 20 octobre au 20 décembre 2006

Imagine Gallery - Beijing (Chine)





Fortunee Noel

Tendance avérée des sociétés modernes, l'emploi des matières opaques souvent porteuses de traditions, mais parfois d'obscurantisme, recule au profit de celui des supports transparents.

 

Véhicule de liberté politique pour certains, pour d'autres vecteur incontournable d'un capitalisme qui se doit d'entretenir la confiance, ce changement est parmi ceux que vit la Chine du 21 ème siècle,  celui qui sans doute produira les effets à long terme les plus conséquents.

 

Une société de cloisonnement  habituée à la maîtrise de l'ombre ne se livre pas sans risque à la lumière. Mieux que tous les discours sur la démocratie, celle-ci plus que le son peut stimuler une société civile ; dès lors que sa vitesse remodèle l'espace, se nouent des réseaux anarchiques qui font fi des alliances traditionnelles et des classiques rapports de force, préférant le jeu sans cesse créateur des réflexions.

 

Directement évoquée avec l'utilisation du Plexiglas, mise en scène à travers des compositions de paysages urbains abstraits et figuratifs, cette transparence et son impact sur les choses et les êtres sont au cœur de l'œuvre de Fortunée Noël.

 

Le passage des Hutongs ancestraux aux tours de verre imaginées par les cabinets d'architectes, le renversement de l'horizontalité séculaire à la verticalité futuriste, la transformation des symboles qui régissent le temps et l'espace, c'est tout ceci que s'efforce de traduire l'artiste dans ses travaux réalisés à Beijing.

 

Contemporain de fait, le résultat obtenu derrière la surface plane de ces œuvres lisses comme le verre d'un écran, parle à une sensibilité formée au contact des nouvelles technologies. La couleur, prisonnière de la transparence mais résolument vivante, éclaire le regard et conserve au-delà des enjeux politiques, le privilège ultime de créer le beau.

Par Olivier Sasportas 

informations pratiques :

Imagine Gallery, N.8  Feijiacun Yishu Gongzuoshi, Feijiacun Donglu, Laiguangyingdonglu, Chaoyang District, 100103

du mardi au samedi de 10h30 à 17h30

 
Laetitia Gauden
Imagine Gallery Director
Tel:(0086)13910917965

laetitia.gauden@imagine-gallery.com

voir aussi  : le site de Imagine Gallery



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Lundi 18 septembre 2006 1 18 /09 /Sep /2006 08:43


Uffe Christoffersen Tigres en triptiques

Sa  rencontre avec le tigre date de 1974. Pour traiter le sujet de son travail de fin d'étude de l'Académie des Beaux Arts de Copenhague, Uffe Christoffersen se rend au zoo.  Au résultat, un tableau de composition assez classique montrant un lion en cage, aux couleurs éclatantes.

La première recherche obstinée  de l'artiste, avant même que le tigre ne s'impose comme son seul et unique sujet, est l'approche dans toutes ses dimensions chimiques et esthétiques  de la richesse chromatique. Il travaillera d'ailleurs pendant huit ans au laboratoire technique de l'Académie.

Aujourd'hui encore, il vous parle en poète, en historien, en chimiste,  du "cinnober rouge" par exemple, un minéral extrait dans le sud de l'Espagne et que l'on transforme en pigment.

Car ce qui est vrai pour chaque couleur, l'est plus encore  pour le rouge. A sa symbolique, le peintre ajoute "une double symbolique  qui dépend de sa luminosité".

"La couleur claire est franche ,brillante et extravertie. Elle appartient au jour. Elle est fraîche et pousse à l'action en projetant sa lumière sur le monde, tel un grand et invincible soleil. Elle attire.." . "La couleur foncée est lourde au contraire, elle est nocturne, secrète et plutôt introvertie. Elle est le symbole du mystère de la vie. Elle avertit, retient..."

Toute la magie de l'univers du peintre tient dans cette rencontre entre un sujet, le tigre et une palette d'une diversité et d'une subtilité extraordinaire.

L'artiste recherche la  puissance expressive des couleurs sur tous les supports, sur tous les formats. Mais lorsque ses toiles atteignent la dimension démesurée des triptiques présentés par la galerie Jorgen Ostergaard à Art Copenhague elles s à la fois lumineuses et accusatrices.

Depuis quatre ans le peintre mène un travail de transposition en images de l'univers des Fables de Jean La Fontaine qui a donné lieu à la réalisation de centaines de peintures sur papier.  De l'oeuvre du poète français du XVIIe au monde fabuleux de Uffe Christoffersen, il n'y a aucune distance . La verdeur de la critique, la fraicheur de la morale sont intactes. On les retrouve ciselées, cristallisées dans ses très grandes toiles représentant des têtes de tigres à la gueule ouverte.

Catherine Plassart



photo : Tigertriptykon, 114 x 438 cm. 2006


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