Chroniques musicales : Pierre Givodan


Lundi 30 juillet 2007 1 30 /07 /Juil /2007 01:01

le Blues

 

En guise d' introduction...

 

" Tout est voyage parce que l'homme n'est pas en possession de lui-même " (Jean Brun, Les Vagabonds de l'Occident ).

 

Initier ainsi une philosophie du blues à partir de l'idée de voyage nous semble être la voie moyenne recommandable afin de ne pas s'égarer dans le labyrinthe de cette musique populaire d'origine noire américaine.

 

Cependant les vagabonds que chante Muddy Waters (Rollin' Stones) sont peut-être les descendants des griots d'Afrique, mais aussi les révoltés de notre société libérale (Rolling Stones).

 

Il y a aussi en effet une ligne de continuité qui relie les "petits Blancs" et les "grands Noirs" du Delta du Mississippi.

 

Pourquoi donc ?

 

Sans doute parce que le "Malaise dans la civilisation" dont nous parle Freud n'est pas qu'une métaphore.

 

En effet par quoi sommes-nous tous émus dans le blues ?

 

Désir et souffrance, amour interrompu et deuil impossible, départ et arrivée toujours différée ; la vie même en somme, qui est un voyage à la recherche de soi, se communique là.

 

Les bluesmen recherchent-ils enfin le diable ou le "Bon Dieu" ?

 

Leur sympathie va tour à tour pour "The Devil" ou "Good Love", car Instinct de vie (Eros) et Instinct de mort (Thanatos ) font plus ou moins bon ménage dans la psyché humaine universelle.

 

L'enjeu reste toujours le même : concilier les inconciliables et réunir les deux extrémités du cercle. Désirer un jour trouver la clé du paradis, un autre monde quelque part où l'on puisse être heureux.

 

Cela vaut encore aussi bien pour les européens de Londres ou Paris que pour les petits-fils des anciens esclaves du plus vieux continent humain : l'Afrique.

 

PG

 

 

Pierre Givodan

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Mardi 17 juillet 2007 2 17 /07 /Juil /2007 01:37

 

John Mayall

 

Les notes et la mémoire.

 

 

Le marquis du blues a des amis secrets qui ont trouvé chez lui le contact immédiat avec l'ennui riant.

 

Amateur de J. B. Lenoir très jeune, il a su surprendre par des hyperboles sonores les européens qui ignoraient tout de la musique du diable.

 

Découvreur des plus grands ( Éric Clapton, MickTaylor…) il n'a jamais procédé par imitation. Son jeu vif de guitare, son piano étourdissant, son incroyable harmonica, son optimisme inouï nous amènent sans cesse à nous demander : - Franchement sommes-nous si bêtes ?

 

Plus qu'épouser son temps il l'a devancé, c'est pourquoi il est aujourd'hui encore un sujet d'étonnement.

 

Il nous donne ici l'occasion de redire ce que l'on sent à entendre son coeur blessé, ses peurs, et caresses sonores.

 

Etre capable de se jeter à l'eau sans folie pour ne pas étouffer de tristesse tel est sans doute l'objet premier du blues.

 

Savoir triompher de son mal est aussi la vertu que distille la musique de ce fidèle de la note bleue.

 

L'étoffe de John Mayall est celle des plus généreux. Né en 1933,  il continue ses tournées et dans son jardin il n'y a pas de feuilles mortes. Ses démons et romances suscitent toujours la même émotion. On y passe nos soirées avec un seul CD !

 

Alors ce petit bout de chance partagée vous donnera peut-être le goût du plaisir d'écouter John Mayall et ses Bluesbreakers, avec la tendresse que mérite le don de bonheur.

 

PG

 

Retour sur "Stories" (2002), de John Mayall.

 

Pierre Givodan

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Mercredi 27 juin 2007 3 27 /06 /Juin /2007 10:43

 

Chick Coréa

 

La quête de Chick Coréa

 

 

Des années sont passées avant que son nom ne devienne celui d'une oeuvre à part entière.

 

Il est désormais l'auteur d'une multitude de compositions personnelles, bien après avoir joué avec Miles Davies il y a des décennies.

 

Il écrit toujours des démonstrations de fraîcheur. Son chant est profond et son piano frôle l'invisible.

 

Souvent j'ai cru entendre l'Espagne et plus loin l'Afrique et même le monde indien et j'ai vu des jardins et des villes désertes en accordant mon oreille à sa pensée musicale.

 

L'histoire de l'art travaille à traduire des sentiments ; les siens sont ceux d'enfants, de fidèles, et de crépuscules andalous.

 

Sa musique a la couleur des oiseaux et se plie à la mémoire des merveilles.

 

Il doit avancer parfois dans l'obscurité mais il est encore passionné.

 

Le temps s'est écoulé mais l'artiste reste dans mon souvenir.

 

Son monde n'admet décidément aucune pauvreté et son jeu est fragile, léger, swingue de façon irréprochable. On reste mélancolique à écouter ses confidences.

 

Jamais inepte, constamment augural son courage s'appuie sur l'avenir et réclame le rêve.

 

Dans ce coin retiré de l'univers qu'est la musique issue du blues et du jazz Chick Coréa réveille en moi la solution des mystères et je cède au désir de raconter le poète.

 

La passion ne s'exaspère jamais assez quand on attend de nouveaux détails d'une démarche généreuse.

 

PG

 

 

Dernier album en tête, haut en couleur : " The Ultimate Adventure " (2006)

 

 

Pierre Givodan

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