Les pouvoirs de l'esprit
Les pouvoirs de l'esprit
|
On remarque que ces sculptures ont la vertu de nous faire concevoir des espaces qui diffèrent largement de notre esprit. On retourne en quelque sorte sur soi et l'on reconsidère les idées que l'on se fait du monde. Quelque chose de non conforme à la représentation que l'on a reçu primitivement des sens.
Ce long travail de Richard Serra développé sur quarante ans et montré au Moma de New York nous explique comment l'imagination va puiser des ressources nouvelles en s'appuyant sur une géométrie du probable. Une façon de penser qui tire ses preuves de modèles abstraits mais issus de la tête, des mains ... et des pieds du corps de l'artiste.
Celui-ci nous donne en effet le sentiment de s'être placé à l'intersection de ces compositions métalliques de la désorientation. Et il semble rétrospectivement que l'on ne pouvait procéder autrement, car l'on ne peut vivre séparé de son temps. Comme si Serra avait ressenti l'appétit de joie et de tristesse d' apprendre un nouveau rapport à la nature, colossale, faite de sommets et de tours, de rubans de möbius qui nous font regarder d'en bas l'intimité de notre particularité humaine.
Exposition Richard Serra 40 ans de sculpture, du 3 juin au 10 septembre 2007, Moma de New York. |
|
|
|
voir aussi : le site du MOMA |
Edward Hopper : Trouver un foyer Fuir les extrêmes, et marcher à pas de géant.
Il est significatif que les héros de Edward Hopper retournent chez eux sans cesse.
A la recherche d'un abri, peut-être, ou d'un centre, sans doute car l'étendue américaine contient des risques d'égarement.
Le mythe de la perte et du salut est une donnée immédiate de la conscience du pays et le sentiment d'une apparence comme disjointe appartient aussi à ces drôles d'Occidentaux. Lorsque l'on observe les peintures de l'artiste on a l'impression que l'on a affaire à une stratégie du départ.
Partout les échanges semblent recéler quelques obscurs secrets. Une autre version de la solitude, mais aussi des conjonctions de souvenirs, une orientation affective qui annonce une promesse de renaissance...
- Puisque nous avons déjà rencontré le bonheur, répètent en silence les personnages.
Ainsi il s'agit d'explorer une sorte d'Arcadie oubliée en peignant de vieilles maisons, des jardins, des espaces citadins de l'absence-présence, un message éclairant une autre Amérique proprement inhabituelle et non assujettie aux normes communes.
Tout compte fait le voyage entrepris par le peintre s'est avéré diaboliquement fructueux.
En bonne entente, contre vents et marées, avec un langage figuratif riche d'intérêt. et composé d'allusions à la société de son temps (celle du "XXème") que l'oeil-artiste décrit à la perfection.
Exposition Edward Hopper, Museum Of Fine Art, Boston, USA, jusqu'au 19 août 2007.