Sud Est : expositions


Lundi 8 mai 2006 1 08 /05 /Mai /2006 08:56

Vendredi 12 mai à 19H


La profondeur Duchamp / 1

en préliminaire à l'exposition

 

Chauffe, Marcel !

du 18 juin au 29 octobre 2006

CRAC -  Sète

 
 

Monoquini propose en partenariat avec le FRAC Languedoc Roussillon  et le CRAC de Sète en préliminaire à l'exposition Chauffe, Marcel !  :



Des Projections au CRAC le vendredi 12 mai à 19h


Au programme, notamment
Michel Aubry, Marc Guérini, David Legrand

Répliqûres de « Les disparus de Saint-Agil » (2000, Hi-8, 4'45'')
Répliqûres de « Lumière d'été » (2003, DVcam, 3'14'')
Les Répliqûres, parallèlement aux Dialogues Fictifs initiés par la galerie du Cartable en collaboration avec Michel Aubry, appartiennent à un projet évolutif s¹appliquant à revisiter l¹histoire de l¹art sous l¹angle de la fiction et de l¹anachronisme. Là où les Dialogues Fictifs, filmés pour certains par un vélo-caméra en référence au ciné-train de Dziga Vertov, mettent en scène dans une évidente économie de moyens des duos d¹artistes aussi improbables que Dürer et Beuys, Dürer et Le Corbusier, Pasolini et Warhol ou encore Poussin et De Vinci se disputant en faisant leur jogging autour du lac d¹Annecy, Les Répliqûres reposent moins sur l¹idée du remake ou de modèle que de la réinterprétation ou de la copie de faussaire.
Deux copies nous intéressent particulièrement ici, où est mise en scène la figure de l¹artiste et de son rapport au pouvoir et à l¹argent : les Répliqûres des « Disparus de Saint-Agil » (Christian-Jacque) et celles de « Lumière d¹été » (Jean Grémillon), extraites d¹un ensemble qui comprend également des séquences revisitées de « La Grande Illusion » de Renoir et « Le Corbeau » de Clouzot.
Une scène de ces deux films est rejouée à l¹identique, depuis les mouvements de caméra jusqu¹à l¹inflexion des voix. Dans le premier, un graveur alcoolique reçoit un faussaire pour qui il a réalisé de faux billets ; alors que le graveur fait l¹apologie de Dürer, le faussaire dénigre l¹¦uvre d¹art, « chose morte une fois accrochée à un mur », au profit des objets du quotidien qui offrent bien plus d¹alternatives, même criminelles.
Dans le second, un peintre alcoolique est hébergé par un riche mécène, adoptant une attitude bouffonne transgressant quelque peu la pratique conventionnelle du chevalet.

 

 

 

 

mais aussi :

Christoph Girardet + Volker Schreiner, Fiction Artists (Allemagne, 2004, vidéo, 45¹), DIE JAGD La chasse (1992/1997, DVD, 1'11''), TELEMISTICA (1999, DVD, vo italien st anglais et français, 22¹), ROSA (2001, DVD, vo allemand st anglais et français, 18'54), 16 MM MYSTERY (2004, 35 mm transféré sur DVD, 5¹)

 

Informations pratiques :

Centre Régional d¹Art Contemporain
26, quai aspirant Herber 34200 Sète

T. 04 67 74 94 37
craclr@wanadoo.fr


Durée totale de la séance : environ 1H45
entrée libre

MONOQUINI
association pour la diffusion des arts sonores et visuels
5, rue Bayard _ 34000 Montpellier Tel. 04 67 42 79 44

 
voir aussi : le site du CRAC, le site de Monoquini
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Mercredi 26 avril 2006 3 26 /04 /Avr /2006 07:58

du 5 mai au 18 juin 2006

 

Villa Tamaris-Pacha, La Seyne-sur-mer

 
  Jean le Gac
 

L’histoire de la Villa Tamaris, devenue sous la direction de Robert Bonaccorsi, un centre d’art contemporain, est déjà presque un roman illustré : elle mêle l’architecture mondaine de la Côte d’azur qui s’invente là, dans un décor qui suggère le voyage, avec son Grand Hôtel, son Casino, ses villas orientales, ses somptueux jardins plantés de palmiers et de plantes rares, à une histoire rocambolesque brassant toute une population de belles femmes oisives et de richissimes aventuriers revenant d’un lointain Orient… comme dans les romans populaires que Jean Le Gac affectionne particulièrement et dans lesquels il puisera ses motifs pour camper un autre récit, et d’ainsi offrir au « Peintre », personnage fictif, les divertissements dignes d’un Pacha, que décrit avec minutie le texte de Robert Bonaccorsi dans le catalogue de l'exposition.  Une manière, dit-il de « rentrer et sortir librement de l’image ». Ces images, disponibles, libres de droit, font partie de notre patrimoine et imaginaire collectif, il les pille, les dessine, les utilise, et ainsi les anoblit : « Il me semble maintenant que j’ai largement influencé tous ces illustrateurs d’autrefois, ces photographes de plateau de cinéma muet que j’ai copiés. Les originaux sont de mon côté ».

 

le catalogue :

Jean Le Gac et Robert Bonaccorsi

Villa Tamaris Pacha

Coédition Les Pérégrines, Le Temps qu'il fait. Texte et peinture.
128 reproductions couleur des œuvres de Jean Le Gac

160 pages 16,5 x 23 cm 32€ àparaître le 16/06/2006

 

Jean Le Gac

Passionné de littérature, il en vient à proposer, d’abord dans de modestes cahiers juxtaposant photos et textes également allusifs, le récit des faits et gestes d’un peintre anonyme : ce matériel narratif l’autorise à se définir comme "artiste-peintre", projetant ses problèmes, ses doutes et ses humeurs sur son double. Depuis 1981, il reproduit avec les techniques traditionnelles (fusain, pastels) des illustrations empruntées à la littérature populaire, qui permettent à son personnage de vivre de nouvelles aventures, toutes également stéréotypées, et complète ses images par des objets (machine à écrire, appareil photo, projecteur de cinéma) évocateurs d’une mise en scène ou d’une fiction qui n’en finit pas de mettre en abîme ses procédés: l’œuvre de Le Gac s’élabore sur l’absence d’œuvre de son héros..

 

Robert Bonnacorsi

En 1983, il  fonde le Centre d’Etudes sur la Littérature Populaire, et devient rédacteur en chef de la revue Cahiers pour La Littérature Populaire. En 1985, il crée le festival de jazz du Fort Napoléon à La Seyne-sur-Mer dont il assure toujours la direction artistique. Il est également à l’origine du label associatif consacré au jazz « Celp Musique ».
En tant que directeur du Service des Affaires Culturelles de la Seyne-sur-Mer, il a contribué à la naissance et au développement d’une politique théâtrale fondée sur la création, la défense du spectacle vivant, le cirque contemporain et les arts de la rue. Il a également mis en œuvre la galerie d’art contemporain La Tête d’Obsidienne, dont il a assuré la direction artistique de 1996 à 2004.
Actuellement, il est directeur du centre d’art de la Villa Tamaris. Dans ce cadre, il a assuré le commissariat de nombreuses expositions autour de la Figuration Narrative.

 
Bibliographie :

Jean Le Gac Je t'écris
Ed. Jannink 2004
texte de J. Le Gac et oeuvre originale
voir l'ouvrage (achetez avec Art Point France)

 

voir aussi : le site des éditions Le Temps qu'il fait, notre dossier Jean Le Gac
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Dimanche 16 avril 2006 7 16 /04 /Avr /2006 09:47

Peindre et Ecrire aussi

 

Pierre Givodan est un collaborateur régulier de Art Point France. Il nous confie régulièrement ses chroniques intempestives, des "histoires courtes" , des textes d'esthétique.

 

 Nous avons choisi pour présenter sa peinture de parler d'un tableau en particulier, Pierre qui roule, un grand format à l'huile de 2005.

 
 
 

Le grand départ

Pierre Givodan met sa peinture à l’épreuve de tous les formats, carrés, rectangles, petits, moyens, grands… Il évite ainsi l’esprit de série. Chaque œuvre est une parcelle d’un monde imaginé.

 

"Pierre qui roule" est une très grande toile. Un espace ouvert sans limite. Mais aussi une surface cloisonnée dont chaque découpe peut se lire comme la page d’une short story ou comme le chapitre d’un récit initiatique.

 

Un grand carré occupe le centre du tableau. Dans une sorte de mise en page démesurée, d’autres carrés longent les bords horizontaux de la toile alors que deux rectangles verticaux se tiennent sur les côtes latéraux.

 

Dans le milieu est représentée une grande maison toute simple, des murs, un toit. Elle nous livre son intérieur. Elle est vaste et chaleureuse. Le rouge et le rose dominent. L’ambiance est harmonieuse et sensuelle. Quelques notes rondes sur une même portée font entendre une petite musique. Un long escalier suggère plusieurs niveaux dans l‘édifice, il donne accès au toit sur lequel se tient un personnage filiforme. Ce pourrait être l’esprit protecteur du lieu, son ange gardien. Il s’agit probablement du héros de l’histoire qui s’apprête à quitter la maison, à prendre le départ.

 

D’ailleurs, il nous invite à porter notre regard vers la droite du tableau. Un port, un bassin d’eau verte, un quai, un bateau blanc. Cependant, le bateau est à sec et de plus il n’a pas de voile. Le grand départ n’aura pas lieu. Les couleurs pâles sont tendues jusqu’au blanc laiteux. Elles évoquent le silence, l’immuable immobilité. Arrivée ou départ ? Ni l’un, ni l’autre. Un lieu des possibles. Un espace de transit. Il faut traverser l’image pour poursuivre son chemin.

 

La composition du tableau est en spirale. Elle invite le regard à descendre vers le bas de la toile. On traverse alors de multiples territoires : jeu, fête, turbulence, rencontre. La vie y est rose.

 

On suit les personnages qui s’allègent encore dans la partie gauche du tableau. Tels des graphes ils paraissent en apesanteur. Ils circulent et traversent des paysages, vert d’eau, bleu de ciel, ocre pâle. Ils remontent vers d’autres régions, d’autres maisons.

 

Lorsque l’on parvient en haut de la toile, on a opéré un simple tour. L’espace du voyage s’ouvre à nouveau devant nous. 

 

Pour Pierre Givodan le temps est circulaire. Dans d’autres oeuvres moins narratives, aux couleurs vives et chatoyantes, plus gestuelles aussi, les formes cherchent à sortir du tableau mais finalement s’y lovent. Ici, les teintes douces et pastel suggèrent la réminiscence, évoquent la géographie d‘un pays rêvé.

 

C’est le lyrisme qui fonde l’œuvre de l’artiste, « un lyrisme qui n’a de cesse de se délivrer du fugace et du transitoire, d’échapper au moi contingent » (Jean-Michel Maulpoix).


Il développe une œuvre décalée qui est redevable de quelques influences mais libre de toute allégeance à des valeurs d‘école.

 

Entre figuration et abstraction, il utilise le langage des signes et de la couleur. La naïveté apparente de ses exécutions a toujours servi ses œuvres qui parlent aux poètes et aux amateurs. Ses collectionneurs apprécient l’originalité de son talent.

 

Catherine Plassart avril 2006

 
voir aussi : notre dossier Pierre Givodan, le site personnel de l'artiste
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