Jeudi 1 mars 2007
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L'Insularité du Noir
(propos d'artiste)
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Confidences :
"Cela fait vingt ans que je me consacre exclusivement à la peinture. Pendant plus de quinze ans, je n'ai pas voulu montrer mon travail, car je ne voulais surtout pas être tenté de
donner des réponsesà une demande du public. Je voulais absolument aller jusqu'à un point extrème, jusqu'à un point de non retour, où l'avis des autres n'a plus d'incidence. Mais ce n'est
que grâce à mon amie Anne-Marie que j'ai pu travailler pendant ces quinze années sans montrer. En fait je voulais savoir ce que j'attendais vraiment de la peinture."
Paroles poétiques :
"Fatigue, vivre dans un perpétuel orage assourdi par des coulées de sable noir"
"La peinture nourrie de ma chair, dans une ignorance volontaire de soi."
"Le coeur ensablé étouffe dans ma poitrine des déchirures de sang
se ressouder dans sa chair, sur un bruit d'os fracassés
écrire sur la peinture, sur des lèvres blessées
la peinture est un miroir, l'ajustement d'un visage au reflet du mur(...)"
Analyse :
"Ce n'est pas négatif d'être désespéré. Il faut faire quelquechose de cette perte, de ce creux. J'ai toujours été fasciné par la notion de deuil. Elle permet une transition entre le
très noir, le très sombre et l'espérance. De cette convalescence naissent beaucoup de possibilités. "
Art de peindre :
"J'ai toujours aimé travailler dans le minimalisme. Minimum de moyens, minimum d'effets, minimum d'instruments...."
Les années grises :
"Tu sais, ce furent ce que j'ai appelé : mes années grises. Je ne suis pas de Metz et cette terre lourde, épaisse, charnue, mise à nue chaque hiver sous un ciel qui n'en finit pas de
grisaille m'a profondément marqué. Il y a une telle charge transgénérationnelle ici, que je ne pouvais faire autrement. J'avais besoin dans mon travail de la recherche de la mise en
échec. C'était très hasardeux, mais ce n'est qu'au prix de ce passage que tu peux espérer dépasser ce qui existe, pour trouver l'aura de quelque chose qui n'existe plus."
Ces propos ont été recueillis par Gérard Gamand, ils sont extraits de son très bel article "L'Insularité du noir" paru dans AZART n°25 (mars-avril 2007). Gérard Gamand faisait partie du
jury qui a nominé Fabien Claude au Grand Prix Azart. Fabien Claude a reçu le premier prix décerné à l'automne 2006 à l'occasion du Salon de Lyon.
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Les expositions :
jusqu'au 11 mars Galerie la Louve - rue Saint Orban B 6860 Louftemont - Belgique voir notre
article
du 8 mars au 21 avril Galerie Idées d'artistes 17, rue Qunincampois 75014 Paris
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voir aussi : notre dossier Fabien Claude
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Par Art Point France
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Publié dans : Propos d'artistes
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Lundi 5 février 2007
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09:02
propos d'artistes :
"Pinceau phallus" et un peu plus... "
Valérie Favre revendique son penchant féministe largement illustré dans la série des ‘Lapines Univers' entamée en 99 et représentant une « femme animale entre Lara Croft et la Bunny Girl de Playboy » :
« il faut l’être » dit-elle. « J’utilise cette ‘la-pine’ comme un phallus. » Une revanche sur les artistes misogynes ? « Bien sûr que la peinture est un milieu assez machiste : c’est un
médium sale, lent et compliqué qui a en plus perdu de sa gloire, détrôné par la vidéo ou les installations. Si j’éprouve beaucoup de plaisir à toucher la matière et mélanger les couleurs, il est
difficile de rivaliser avec les hommes en terme de puissance physique nécessaire pour maîtriser ce medium », « Alors il faut biaiser : en faire moins mais de façon plus pertinente. »
Paradoxalement, entre les petites mains de Valérie Favre qui l'emploie sans formalisme le médium peinture est plein force. Cela s'explique d'ailleurs, elle en dévoile elle même la cause quand
elle suggère « finalement, je me sens plus metteur en scène que peintre ».
les propos ont été recueillis par Prune Antoine en octobre 2006
Valérie Favre est présentée en permanence par la galerie Nathalie Obadia. D'origine suisse, elle a travaillé en France plusieurs années, avant de s'installer
dans le Berlin d'après la chute du Mur.
voir aussi : Valérie Favre. La visiteuse. (article de juillet 2009)
Par Art Point France
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Publié dans : Propos d'artistes
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Mardi 9 janvier 2007
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05:31
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A ma connaissancce, la notion de l'eau est très importante dans ton travail. Or, j'ai vu récemment qu'il n'y avait plus d'eau au Palais Royal. Comment considères-tu les colonnes du
Palais Royal : est-ce une oeuvre éternelle ? Combien de temps peut-elle durer ?
Quand il y a eu la polémique, j'avais dit que, pour vraiment voir ce que valait cette oeuvre, il fallait lui laisser une année d'existence. Si l'endroit restait complètement désert -
comme c'était le cas avant son installation - , alors on pourrait la détruire. En réalité, les gens y ont porté un réel intérêt puisqu'elle a même changé le quartier. Beaucoup de gens y
vont volontairement, les enfants y jouent ! Cela dit la maintenance est très mal faite : cela fait plus de deux ans qu'il n'y a plus ni eau, ni électricité... S'ils ne font pas ce
qu'il faut pour y remédier, je demanderai moi-même à ce qu'on détruise l'oeuvre, parce que la pièce n'est plus vue comme elle doit être vue. Si on la répare, elle poura rester dans le
domaine public. Mais Place des Terreaux à Lyon, la maintenance est encore plus nulle.
extrait de l'entretien Daniel Buren / Abdel Abdessemed, artistes Le Journal des Arts n°250
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Bibliogaphie :
Daniel Buren
L'ineffable, à propos de l'œuvre de Ryman
ed. Jannink 1999
voir l'ouvrage
(une diffusion Art Point France)
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