Sud Ouest : expositions


Vendredi 5 septembre 2008 5 05 /09 /Sep /2008 16:06

exposition

du 18 septembre au 24 octobre 2008
 

Galerie Rouge - Bordeaux


  Anne-Marie Cutolo   Fabien Claude
A.-M. Cutolo F. Claude




L'Un et l'autre

Anne-Marie Cutolo et Fabien Claude exposent régulièrement ensemble. Leur sujet  commun  est la souffrance. Ils ne la tiennent pas à distance car elle est pour l'un  et l'autre un savoir. Savoir du corps massacré qui se fait langage pictural chez Cutolo.  Ressort de la connaissance chez Claude qui à l'inverse de sa compagne ignore la chair, dissout les corps, dit l'effroi par la pudeur. La douleur  explosive  de Cutolo s'oppose à celle  intérieure et implosive de Claude.

Chez Cutolo, les corps nus sont écorchés, les chairs  déchirées. La blessure est intime. La détresse à fleur de peau, physique et brutale.  Au paroxysme de la douleur, le sang circule, les nerfs et les tissus palpitent. Obscénité des ventres qui livrent leurs entrailles, des membres  mutilés.  Abandon au tourment, violence du désespoir . Mais aussi tendresse et compassion. Vertige libérateur enfin, comme au bord d'un ravin qui s'ouvre à  la vie secrète,  bouillonnante et désordonnée.


« L’action décisive est la mise à nu. La nudité s’oppose à l’état fermé, c’est-à-dire à l’état d’existence discontinue. C’est un état de communication, qui révèle la quête d’une continuité possible de l’être au-delà du repli sur soi. Les corps s’ouvrent à la continuité par ces conduits secrets qui nous donnent le sentiment de l’obscénité. » (1) Georges Bataille.


Chez Claude, les personnages raides, dressés, sont des êtres vêtus de manteaux massifs, ronds, et creux qui dissimulent bras et mains et la quasi totalité d'un corps squelettique, décharné. Sur fond uniformément noir, le peintre met en scène la mort personnifiée ou plutôt son serviteur.  L'austère verticalité de ce messager funeste traduit un refus du deuil et rend tragique, l’inattendu de  la mort. Une certaine forme d'esthétisme dans cette peinture, ajoute un sentiment de lassitude, une acceptation du désespoir.


« Pour nous qui sommes des êtres discontinus, la mort a le sens de la continuité de l’être ». (2) G. Bataille.

Un peintre m'expliquait un jour qu'il n'y a que deux façons de construire un tableau. Qu'il soit  abstrait ou figuratif, peu importe. Soit on organise les masses et les figures selon les axes horizontaux et verticaux ,  soit on utilise les obliques et les diagonales associées au cercle. Verticales et horizontales  dessinent un repère orthonormé, évoque une circulation immuable dans les sens terre, ciel et Est, Ouest. Le cercle  lui, n'est jamais parfait, il évolue vers la spirale, suggère un vide, une aspiration.  Cutolo, peint de cette manière utilisant les obliques et leurs infinies combinatoires. Ses sujets sans assises, à la limite du déséquilibre, basculent parfois, noyés dans la couleur. Claude  à l'inverse, construit toujours ses tableaux  selon l'autre façon à ceci près qu'il  n'exploite aucune ligne horizontale dans sa composition. Son  personnage occupe la toile selon un axe  vertical  exclusif à peine décentré. Il n'y a donc ni horizon, ni perpendiculaire.  L'espace ainsi créé est retourné, mis " hors du temps". En l'absence de lignes séquentes, l'impossibilité de la  croix suggère un sortilège,  l'absence de consolation. 


 La peinture d'Anne-Marie Cutolo et celle de Fabien Claude explorent un même territoire, celui de la douleur, mais parce que leurs rapports respectifs au corps sont différents,  leurs langages plastiques et leurs propos sont distincts. Cutolo et Claude ont toutefois également en commun une dynamique qui brise les cocons, emporte la barque et ainsi libère celui qui crée comme celui qui regarde, de la pesanteur du désespoir.

L'exposition de leurs oeuvres récentes est à voir du 18 septembre au 24 octobre 2008 à la galerie Rouge à Bordeaux.


Catherine Plassart





(1) L’érotisme, page 24 Georges Bataille
(2) L’érotisme, page 19, Georges Bataille



Informations pratiques :

Galerie Rouge
Natacha Dost-Lillet
19,rue du Professeur Demons
33000 BORDEAUX
Tel. 06 87 46 02 29 - Fax: 05 56 16 78 79
natacha@galerierouge.org


Voir aussi : la vitrine d'Anne-Marie Cutolo sur Art Point France ICI  et le site de la galerie ICI

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Jeudi 31 juillet 2008 4 31 /07 /Juil /2008 07:59


Massive Centrale

du 6 juillet au 25 octobre 2008


Centre international d'art et du paysage de l'île de Vassivière.



  Hubert Duprat

 



Le centre international d'art et du paysage de l'île de Vassivière est un lieu d'exposition mais plus encore un laboratoire dans lequel les artistes invités peuvent expérimenter toutes les utopies.


Hubert Duprat  propose une série de nouvelles oeuvres, pensées pour les singuliers espaces d'exposition, du centre d'art et du paysage,  la nef, la salle des études, le petit théâtre, le phare. Elles dessinent les contours d'un univers singulier aux frontières de la science, de la géologie et de l'art,  témoignent du désir de  l'artiste de faire coexister nature et artifice, opacité et transparence.



Scupltures expérimentales inédites à base de minéraux (pyrite, cacilte, magnétite, mica...), de pâte à modeler, de blanc d'oeuf... sont ancrées dans une pratique créative contemporaine, une idée de modernité qui rapproche l'artiste de la recherche conceptuelle mais aussi de celle du design.


En coupe, facettées, assemblées, aériennes et complexes, incongrues et monumentales, les sculptures et installations de Hubert Duprat  sont le résultat d'un process d'expérimentation qui s'élabore dans sa bibliothèque.  Il est l'ingénieur de l'art dont les collaborateurs, assistants et personnes associées réalisent les oeuvres  singulières souvent énigmatiques, à découvrir jusqu'au 25 octobre sur l'île de Vassivière.


C.P.


photo : Hubert Duprat, Cristaux de pyrite, colle, 45 x 45 cm, 2007-2008. Photo: Frédéric Delpech



Informations pratiques :


Centre international d'art et du paysage de l'île de Vassivière 
87120 Beaumont-du-Lac.
Tél.: 05 55 69 27 27.
Ouverture tous les jours de 11h à 19h.



voir aussi : http://www.ciapiledevassiviere.com/

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Samedi 26 juillet 2008 6 26 /07 /Juil /2008 11:24

Dado
Atelier deux-mille, Milos Boda, Chloé Cassagne, Nicolas Darrot,
Daniel Déjean, Pierre Fauret, Antoine Kelly, Christine Laquet.



jusqu'au 6 septembre 2008


Galerie de l’Espace Croix Baragnon - Toulouse (31)






Cet été, la galerie de l’Espace Croix-Baragnon ouvre la porte à la jungle artistique locale et internationale de l'art actuel. L'exposition Volatiles  nous propose d'observer la grande étendue des possibilités graphiques qu'offrent ces animaux appartenant tous à une même classe, celle des porteurs de message.


L'ensemble de peintures, Les oiseaux d’Irène de l'artiste croate Dado, rend hommage à la romancière d’origine russe Irène Némirovsky (1903-1942). Réalisées sur les pages d’un ouvrage d’ornithologie, elles ont été adressées régulièrement par le peintre au galeriste Pierre Naon :


"Ces oiseaux, Dado me les a expédiés par séries, telles des cartes postales, pour me dire ce qu’il faisait, où il en était, comment il allait. Au bout d’un certain temps, la collection existait, qui aurait pu rester secrète, comme une correspondance entre amis. Avec le printemps, le projet de reconstituer l’encyclopédie dont Dado s’était servie est né. Avec le printemps, car cet ensemble pouvait être vu comme une renaissance : des images agréables, gaies, dans l’univers généralement sombre de l’artiste.

Claude Louis-Combet avait regardé, lui aussi, les images et envisageait d’écrire un texte où Dado apparaîtrait plein d’espoir, printanier. Interrogeant le peintre sur un titre éventuel pour l’album que nous songions à faire éditer, j’ai vite compris que tous deux nous nous trompions.

Dado tenait à ce que le livre fût un hommage à Irène Némirovsky. Pourquoi pas ? Petit à petit l’ouvrage changeait de sens… Puis, un matin, Dado m’annonça qu’il avait trouvé le titre idéal : « Auschwitz birds, en anglais, parce qu’en français, Les Oiseaux d’Auschwitz, ce serait un peu dur ! » Adieu renaissance, printemps, gaîté !... Les oiseaux d’Irène, tout simplement."


Volatiles réunit au côté de Dado, plusieurs artistes dont les préoccupations plastiques, esthétiques, éthiques, s’expriment à travers la figure de l’oiseau. Les paons d’Antoine Kelly et autres oiseaux imaginaires de Daniel Déjean, s’approprient l’espace via des dispositifs distincts, dessin, taxidermie, peinture, exempts de toute narration. Au contraire, Argus de Pierre Fauret évoque un récit de la mythologie gréco-romaine. Les corneilles de Nicolas Darrot sont agitées et craillantes. L’imagerie onirique de Christine Laquet oppose l’illusion du mouvement aux oiseaux « fossiles » de Milos Boda et aux oiseaux brodés de Chloé Cassagne. Le collectif Atelier deux-mille, composé de jeunes artistes toulousains, joue sans vergogne avec les diverses formes de volatiles.

L'exposition est à voir jusqu'au 6 septembre à L'Espace Croix Baragnon à Toulouse.



photo : Dado, Labbe parasite, série Les oiseaux d’Irène, 2006
Technique mixte sur papier, 30x21 cm


Informations pratiques :


Galerie de l’Espace Croix Baragnon
24, rue Croix-Baragnon
31000 Toulouse
expositioncxb@mairie-toulouse.fr
05 62 27 61 62

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