Les chroniques intempestives : P. Givodan


Mardi 25 novembre 2008 2 25 /11 /Nov /2008 15:51

Autour d’un atelier

 

du 18 novembre 2008 au 3 janvier 2009

 

INHA Galerie Colbert - Paris (2)

 

 

Johnny Friedlaender Johnny Friedlaender et l'âme du monde.

Johnny Friedlaender saisit  la nature occulte de l'existence. Né en Allemagne en 1912 et affilié à l'Ecole de Paris, il nous donne  encore une idée exacte  de ce que peuvent faire de mieux les arts  graphiques en notre histoire contemporaine jusqu'en 1992, date de sa  disparition. La gravure dont il est un maître incontesté, le dessin et  la peinture prennent avec lui tout leur sens. Aux yeux de chacun  Friedlaender supprime les doutes et affranchit les désirs liés à la  pratique de ces arts. "Je ne suis qu'un peintre qui grave" dit-il,  lorsque l'on interroge l'homme.


Il ne manque rien en effet aux gravures (en noir et en couleur) de  celui-ci, ni à ses aquarelles et dessins inspirés d'une nature  sublimée. Après avoir recensé les difficultés et les moyens propres à  ses efforts il ouvre un atelier à Paris  où nombreux seront ceux qui  viendront se familiariser  aux diverses techniques de la gravure sur  cuivre (taille douce) que celui-ci développe dans les années cinquante.


Lorsque l'on visite aujourd'hui l'exposition consacrée par L'INHA  (Institut national d'histoire de l'art) à l'oeuvre gravé et sur papier  de Friedlaender, on s'aperçoit ainsi du champ de ses influences et des  passions qu'il suscite alors chez de nombreux éditeurs, musées,  artistes et galeries. Car il y a aussi une morale  qui se dégage de ce  travail et qui porte une connaissance bonne pour toutes les oeuvres à  venir d'un Zao Wou Ki, d'une Viera da Silva et bien d'autres.


Attentif aux combinaisons abstraites de signes, inventant un univers  proche des fables surréalistes d'un Max Ernst, l'imaginaire de  Friedlaender est rempli de présages et de magie. L'artiste force la  critique à déceler ici une vraie science de la nature à la façon d'un  Klee et une réflexion sur les mouvements qu'ont connu tous les bouleversements de l'esthétique d'après-guerre.


Friedlaender en revient aux formes pour les assagir et leur donner une  âme, tendance que suivra un De Stael aussi bien, parallèlement. Il aborde spirituellement la gravure, le dessin, la peinture en  s'inspirant de contemplations qui pénètrent au-delà de tout , en  étudiant les mécanismes particuliers à l'oeuvre dans les détails des  êtres et des choses physiques (fleurs, collines, champs, femmes,  oiseaux, astres, etc.).


Saisissant l'univers à travers ses lois les plus fines, il rend compte  de son travail intérieur et en restitue enfin la profondeur.

PG


Informations pratiques :

 
"Autour d'un atelier" est le deuxième volet de l'exposition "Johnny Friedlaender (1912-1992) Le graveur dans son temps"


INHA

Galerie Colbert
Salle Roberto Longhi
2 rue Vivienne - 75002 Paris 
le site de l'INHA


voir aussi
  : un choix de Johnny Friedlaender

 

 

Pierre Givodan

Chroniques intempestives

 

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Jeudi 20 novembre 2008 4 20 /11 /Nov /2008 06:33

rétrospective

du  25 octobre 2008 au 8 février 2009

Musée d'Evreux (27)

puis

du 28 fev au 24 mai 2009

Musée de Brou - Bourg-en-Bresse (01)



Jean Degottex Les Ressources de la peinture formelle.
Pas de déduction chez Degottex, mais une démarche qui passe par des  crises. Importance du sentiment dans son immédiateté et cependant une  part donnée à la réflexion, par derrière. Et c'est le paradoxe.


Degottex s'accorde d'abord avec lui-même, puis  cherche des arguments (entendre des formes de lisibilité) pour  atteindre sa conclusion. Pas de pétition de principe cependant, ni de théorie ou d'assertion  générale à priori. Mais le passage de l'écriture au texte, via le  signe, puis de la texture au graphisme pur sur toile, papier, carton,  bois... et réduction progessive de la couleur.


Retour à la Nature et à ses principes généraux (verticales et horizontales). Le peintre reste à l'ombre de toute dissipation. Il n'a rien voulu  prouver mais d'un "faire" à un autre il est remonté à un fondement :  celui de la logique naturelle.


Tel un empiriste de l'art il a collectionné aussi les états de la  peinture sans jamais se concevoir seul non plus et il a reconnu des  influences. Néanmoins sa permanence est dans son refus du sommeil, ses scrupules à  se répéter, sa volonté de découvrir autre chose.


Peinture sérielle, ou du "lieu", peinture de la volonté et sensation  que le moi et le monde communient en certains états enfin. Degottex voulait peut-être dire au final qu'il a vu, au-delà de  l'identité personnelle, des successions de sensations fondues dans une  Unité (quasi mathématique).

PG


Rétrospective Degottex au Musée D'Evreux (après celui de Quimper), du  25 octobre 2008 au 8 février 2009.




 photo : "Vide de l’Inaccessible "  n°15/18 Jean Degottex
22 octobre 1959  huile sur toile  Evreux, musée de l’Ancien Evêché
cliché : Ville d’Evreux - Musée  © ADAGP.

informations pratiques :

Musée d'Evreux
Ancien Évêché
6, rue Charles Corbeau
27000 Évreux
02 32 31 81 90
musee.mairie@evreux.fr

Ouvert du mardi au dimanche de 10h à 12h et de 14h à 18h.


Musée de Brou
Monastère royal de Brou - 63 boulevard de Brou
01000 Bourg-en-Bresse
Tel : 04.74.22.83.83

Ouvert tous les jours de 9h à 12h et de 14 à 17h


voir aussi : le site du musée d'Evreux



Pierre Givodan

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Samedi 25 octobre 2008 6 25 /10 /Oct /2008 07:55

J.M.G. Le Clezio  J.M.G. Le Clezio : Leprogrès  dans la littérature.
Pas d'absolu littéraire ici, ni de grande loi de l'Histoire, mais une évolution du roman qui l'affranchit de toute fatalité. La volonté d'être original et de l'affirmer résolument. C'est cela qui fait à notre avis la vertu de l'écriture de Jean Marie Gustave  Le Clezio. En tout et partout progresser loin du général, mais plus près du monde, du mouvement des êtres et des choses. Avancer pour toucher le processus essentiel, indestructible, de la vie matérielle (loin des acceptions vulgaires aussi). Faire abstraction de la marche superficielle des sociétés. Approcher la réalité de la nature (dans le monde et en l'homme). Converser avec les évolutions, les métamorphoses longues pour atteindre la fixité. Celle des éléments sensibles : la lumière, le sable, la peau, l'eau , loin encore derrière les figures du mal ( guerre, faim, souffrance...) Accumulation de découvertes pour multiplier l'efficacité de la "machine littéraire".

Richesse descriptive, "morale" (et hédoniste). Progrès dans la recherche d'une simplicité enfin dans l'image de l'écrivain, plus préoccupé d'Universel que de destin particulier, plus appliqué à être soi que "sujet purement littéraire". Recherche de la mobilité, par delà les valeurs abstraites concernant, La Société, La Religion, La Politique, L'Eternel.

Le Clezio a gagné la célébrité par son refus du statu quo dans la langue française.

PG


J.M.G. Le Clezio a reçu ( et accepté) le Prix Nobel de Littérature le 10 octobre 2008. Il publie récemment Ritournelle de la faim " Gallimard, 208 p.


Pierre Givodan

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