Les chroniques intempestives : P. Givodan


Vendredi 21 octobre 2011 5 21 /10 /Oct /2011 16:46

"Les sept dernières paroles du Christ"

 

 

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Bernard Lacombe et l'Occident de l'art.

 

Cette exposition de Bernard Lacombe nous importe si on se place dans le contexte philosophique d'une pensée chrétienne. C'est ici qu'intervient la nécessité de se référer au texte : celui du Nouveau Testament. Le livre même porte le message de "Jésus".

Indépendamment de son encrage dans le judaïsme ou des influences multiples que cet écrit peut refléter, nous sommes là devant un bouleversement de valeurs. Une révolution dans la culture de l'époque qui traversera les siècles. L'humanité connaît ses séismes. Elle en est même coutumière. En quoi consiste la "coupure " chrétienne ? Et quel "obstacle" surmonte-t-elle ?  Les expressions empruntées à Gaston Bachelard pour décrire le processus cognitif dans la science, valant ici aussi selon nous. C'est bien cet enjeu qu'interroge à sa manière expressionniste la série des oeuvres de Bernard Lacombe que l'on observe maintenant.

Ce dernier est un lecteur et un familier de la culture judéo-chrétienne. Son travail pictural va puiser dans l'inspiration qui a donné lieu à l'humanisme spécifique qui caractérise notre occident de l'art.

C'est pourquoi dans la filiation d'un Rembrandt par exemple, il nous montre comment le pari en un sens transcendant de l'existence s'incarnera en une figure à la hauteur de notre souffrance et de notre joie ; celle d'un individu chez qui "l'obscure divinité" pascalienne se réfracte discrètement dès l'origine.

Pierre Givodan

 

Exposition et Lecture musicale le 17 novembre 2011 à Genève

 

voir aussi : le site personnel de l'artiste

 

Pierre Givodan

Chroniques intempestives

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Mardi 24 mai 2011 2 24 /05 /Mai /2011 09:09

 

 

La tentation de l'art

 

Ainsi il existe une tentation de l'art et celle-ci consiste à regarder en arrière, comme Orphée qui ne pouvait détacher son regard de la douce Eurydice. Il y a donc un malheur de l'artiste qui désire faire retour au commencement. Comme s'il pressentait que l'important, le décisif, l'irréductible noyau de l'être s'est ouvert là pour de bon à sa conscience. En lui et pour lui le peintre se doute souvent qu'il a laissé passer quelque chose d'essentiel et c'est une raison de "creuser" alors le dessin, d'expérimenter toujours la couleur en peinture tout en regardant les maîtres d'hier. Et l'on pense à Garouste... On avance vers l'inconnu à condition d'être soutenu pas le passé. Un homme sans histoire n'existe pas, pas plus dans l'art que dans la vie. Être un artiste c'est évidemment avoir des repères aussi. Mais encore faut-il s'entendre sur la place à accorder à ceux-ci. Le plus gros effort et la vraie liberté résident dans cette posture ambiguë consistant à ne pas évacuer les images antérieures, mais à savoir le rôle qui leur revient de droit. Celui de normes de conduites créatrices et d'échelles de valeurs pour juger seul de la nécessité de représenter autre chose tout en pouvant continuer à soutenir le regard de ce qui a été et qui gît quelque part dans notre mémoire encombrée. Mimmo Paladino s'invite alors à notre Panthéon.

 

Pierre Givodan

 

 

 

 

Gérard Garouste

 

 "Colomba" Gérard Garouste,Huile sur toile, 250 x 300 cm, 1981

 

 

 

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"Ronda notturna 7 (da Rembrandt)",Mimmo Paladino technique mixte sur toile, 165 x 185 cm,  2007

 

 

 

Pierre Givodan

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Mercredi 18 mai 2011 3 18 /05 /Mai /2011 11:35

 

Le visible et l'invisible

 

Chercher et trouver
 
La question métaphysique du visible (déjà là, déjà construit, déconstruit, reconstruit) et de l'invisible (inaperçu, non percevable, dépassant la perception) recoupe celle de l'idée de   peinture.
En effet il s'agit de se demander d'abord s'il y a des modèles que le peintre retrouverait à l'oeuvre dans la nature ou dans son inspiration, ou si au contraire ce dernier est toujours le premier créateur d'un monde en lequel il s'impose comme fondateur. Lorsque celui-ci décide de se limiter à un style, disons un "langage", il reconnaît déjà sa dette à des maîtres . Dans le cas contraire l'artiste fait l'expérience de l'errance en art, laquelle le met en danger perpétuel. Deux exemples: Picasso ("Je ne cherche pas, je trouve"), André Masson (toujours en recherche, du cubisme au surréalisme, puis à l'expérimentation de l'automatisme).
 
Trouer la toile
 
Lucio Fontana (né en 1899 en Argentine et mort en 1968 en Italie) a crevé la toile. Le trou dans la peinture est l'épreuve du fond et du vide en deçà de celui-ci.
La peinture révèle l'envers du décor. Derrière le spectacle du monde : le rien, le néant. Tout est donc dans l'apparence que l'artiste révèle telle. En cela l'art est bien métaphysique encore et le peintre concurrence Platon. Cachez donc ce néant que je ne saurais voir. Etre ou ne pas être artiste se lit ici : soutenir ou pas le rien derrière l'apparence de la couleur, de la trace, de l'étendue de l'espace de la toile.
 
La quête
 
Peut-on aller plus loin encore ? L'important n'étant pas le but, mais plutôt le chemin, on doit s'intéresser maintenant à l'idée de progrès en peinture.
La première idée à affirmer est que la recherche de la nouveauté annule tout crédit dans une démarche artistique. Seuls les critiques extérieurs voient du nouveau  là ou il n'y a que répétition, travestissement et détournement plus ou moins reussi en art. Prenez la figuration en peinture. Elle se nourrit depuis environ un demi-siècle  de bande dessinée (Guston), cinéma, photographie et opère des synthèses qui libèrent l'artiste de l'Art pauvre et de ses variantes conceptuelles. Le culte du nouveau se déploie dans les chapelles du dogmatisme (l'Etat des fonctionnaires et les écoles d'art des professeurs).
 
Circularité du procès artistique
 
L'art est ainsi bien circulation, mouvement d'aller-retour, révolution. Et l'on voit revenir ce qui a été (néo-académisme, néo-dogmatisme) et disparaître ce qui fut d'abord la norme afin de servir de prétexte à "l'écriture" à venir.
Au mieux, retenir l'idée selon laquelle la peinture notamment est le produit de la peinture ( "La peinture s'apprend au musée", Renoir). L'histoire des formes n'ayant ni commencement ni terme. Processus infini qui signe bien le décès des partisans d'une histoire de l'art comprise comme le déploiement d'un être qui naîtrait, croîtrait et dépérirait.
Le peinture est éternelle, à la façon du monde et de tout ce qui se manifeste ici-bas dans la déclinaison et l'écart.
 
Pierre Givodan

 

 

LUCIO-FONTANA

 

Lucio Fontana Concetto Spaziale

 

 

lucio_fontana_concetto_spaciale

 

Lucio Fontana Concetto 

 

 

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Philip Guston Sans Titre 1980

 

Pierre Givodan

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