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Vendredi 23 décembre 2005 5 23 /12 /Déc /2005 15:44
J6 art&fiction
 

En l’an 2000, un groupe de peintres de la génération formée durant les années 1980 dans les écoles d’art de Lausanne et de Genève s’est constitué autour d’une pratique commune et de préoccupations nouvelles. Celles des liens qu’entretient leur peinture avec l’histoire de l’art, la mise en scène et la narration. Constatant que les outils propres à rendre compte de cette démarche devaient être créés, ce groupe a fondé, sur l’initiative de Stéphane Fretz et Christian Pellet, l’association art&fiction.

 

 

Depuis 2001, l’association art&fiction a publié une trentaine de livres d’une qualité très remarquée, ainsi que deux fois par an un nouveau numéro de la revue DOCUMENT. A l'activité éditoriale sont venus s'ajouter la participation à de nombreuses expositions et l'organisation de lectures publiques. 

 

 

 

 

 

 Au résultat, art&fiction produit et diffuse des publications conçues par des artistes visuels et en particulier des peintres, destinées à mettre en évidence quelques articulations originales entre l’image et le texte sous l’angle de la narration.

 

 

Photographie de l'exposition "Paysage avec don Quichotte" Peintures dessins et gravures de Philippe Fretz, Stéphane Fretz et Stéphane Zaech à Martigny en 2005

 

Paysage avec don Quichotte est un petit livre provocateur. Il rassemble des détails d’un dessin monumental exécuté par Philippe Fretz, Stéphane Fretz et Stéphane Zaech sur lesquels, de page en page, le long d’une ligne unique, défile une nouvelle de Stéphane Zagdanski, intitulée DQ2005. Nous y est conté un nouvel épisode de don Quichotte («un chic type») arpentant sur sa Rossinante (une «patinette en aluminium») la galerie marchande du Louvre pour offrir à Dulcinée («poinçonnée de ces pustules patentées qu’on nomme piercings») un téléphone mobile du dernier cri.

 
 
 

Paysage avec don Quichotte

Philippe Fretz, Stéphane Fretz, Stéphane Zaech

Textes de Stéphane Zagdanski
195 x 115 mm, 128 pages offset , 2005 édition courante prix : 25 euros

édition de tête accompagnée d'une gravure,  sous étui orné de dessin originaux,
édition de 25 exemplaires numérotés et signés  prix : 200 euros

voir l'ouvrage

 

Art Point France diffuse la totalité du catalogue des éditions Art&fiction en France   qui compte quatre collections

SHUSHLARRY, une collection de "livres d'images" consacrée à des réalisation dans le domaine  graphique

 

PACIFIC, une collection de livres d'artistes dans lesquels un peintre est invité à donner une version narrative de son travail, en mêlant librement textes et images. Accompagné d'un multiple chacun des 100 exemplaires est numéroté et signé.

 

DOCUMENT, la revue Document se distingue par sa ligne éditoriale interdisciplinaire concentrée sur de nouvelles approches de la peinture. Sa ligne graphique très sobre est due à l'Atelier Poisson - Georgio Pesce

 

VARIA, la collection regroupe des publications diverses et de formats variés avec pour seule constante la place dévolue au texte.

 

Vous pouvez aussi entrer dans le catalogue par l'index des artistes et des auteurs :

Yves Berger, Marc de Bernardis , Serge Cantero, Roger Cardinal, D. Carli, Elisabeth Chardon, Olivier Christinat, Frédéric Clot, Jean Crotti, , Ivan Farron, Pascale Favre, Philippe Fretz, Stéphane Fretz, Daniel Frank, Mauro Frascotti, Hélène Gerster, Karine Giorgianni, János Horvath, Robert Ireland, Pascale Kramer, Maciek Laskowski, Philippe Lipcare, Alexandre Loye, Claude Maillefer, Roger Manlay, Francis Marmande, S. Marrama, Muma, Patrick Mullins, Christian Pellet, Frédéric Polla, Qiu Jie, M. Rampa, Pascal Renaud, Claudia Renna, Arnaud Robert, Christine Sefolosha, Ivan Sizonenko, Stéphane Zaech, Stéphane Zagdanski, Georges Wingate

 

 

 voir aussi : le catalogue complet des éditions art&fiction  diffusé par Art Point France

le site des éditions art&fiction

 

nos fiches bio-bibliographiques concernant les artistes et les auteurs au catalogue de art&fiction :

Par Art Point France - Publié dans : Editions - Ecrire un commentaire
Jeudi 22 décembre 2005 4 22 /12 /Déc /2005 09:15
Argent et Liberté
 

"PEU AVANT minuit (le 21/12/05), les députés ont créé la surprise en adoptant, contre toute attente, des amendements légalisant les échanges de fichiers sur Internet via le système «peer to peer». Ce résultat, obtenu sur le fil, a semé une telle zizanie que la discussion du projet de loi sur les droits d'auteur a dû être suspendue. L'Assemblée a en effet adopté, contre l'avis du gouvernement, deux amendements identiques en ce sens.


Ces amendements à l'article premier du projet de loi, article consacré aux exceptions au droit d'auteur, étendent à l'Internet les exceptions pour copie privée en prévoyant en contrepartie une rémunération des artistes. Cela revient à autoriser les copies pour des usages non commerciaux et, donc, le téléchargement par échanges de fichiers de films ou de musique par le système P2P. C'est en, quelque sorte, un premier pas vers la «licence globale» ou «légale» appliquée à Internet. Cette solution, qui fait terriblement peur à l'industrie du disque, permettrait, moyennant paiement, un téléchargement légal sur Internet. "

 

Voici ce que nous avons lu dans le Figaro ce matin.

Les termes du débat sont bien posés. Les députés ont pris la décision d'autoriser les copies pour des usages non commerciaux et ont pris ainsi à contre pied le projet de loi défendu par le ministre de la Culture, Renaud Donnedieu de Vabres.

Nous ne pouvons que nous féliciter à notre tour. Le libre accès grâce à l'internet à une masse d'informations et de documents est le garant de notre liberté intellectuelle. Il était bien évident que le gouvernement français sous prétexte de redéfinir le droit d'auteur défendaient les droits commerciaux des grandes industries.

Ce que Maurice Ulrich nous explique très bien aujourd'hui dans l'Humanité :

 

"En trois semaines, une pétition lancée sur Internet et opposée au projet a déjà recueilli plus de cent mille signatures de particuliers et de 600 organisations. Elle a des échos dans de multiples milieux, et pas uniquement, loin s’en faut, chez les jeunes téléchargeurs de musique mais chez les chercheurs, les universitaires et nombre d’utilisateurs d’Internet. Car avec les inquiétudes pour les libertés soulevées par le contrôle de l’utilisation des fichiers il s’agit d’une question majeure touchant aux droits d’auteurs et à la propriété intellectuelle. Lesquels droits d’auteurs sont en fait devenus, au fil des années avec la révolution numérique, les droits des majors. On croit payer pour la création mais on paye pour les industriels. Ce sont eux, notait récemment Bernt Hugenholtz, spécialiste du droit de la propriété intellectuelle, que protège la directive, « son but est avant tout de défendre les intérêts de l’industrie cinématographique ou musicale ». Or, les auteurs, poursuivait-il, peuvent avoir « des intérêts très différents », être protégés, certes, mais aussi accéder aux oeuvres des autres.

 

Sauf que la notion d’auteur, sous la pression des grands groupes, est devenue très élastique. En 2003, l’organisation mondiale de la propriété intellectuelle élaborait la notion de copyright d’industries, réunissant sous le chapeau des droits d’auteur les activités de création, production, distribution et vente des oeuvres de l’esprit. La définition englobant donc aussi bien la littérature et les arts plastiques que le cinéma, la vidéo, la musique ou la production de logiciels tels le fameux Windows de Microsoft. Lequel donnera naissance dès l’année prochaine à Windows Vista, équipé de systèmes qui ne permettront l’accès de certaines zones qu’à d’autres logiciels autorisés.

 

Les enjeux financiers sont énormes...  

Mais plus profondément l’enjeu de cette prise de contrôle va au-delà même des exigences financières. La logique profonde de ce qui pourrait se mettre en place, c’est de ne laisser aucune place dans le Net à tout logiciel non autorisé, à tout produit n’ayant pas l’agrément des possesseurs des tuyaux comme des contenus. Ce pourquoi nombre de chercheurs et d’universitaires, utilisateurs de systèmes échappant aux grands groupes, tel Linux, s’élèvent contre le projet de loi. Comment ne pas penser par ailleurs qu’une telle maîtrise de la production, puis de la distribution et enfin de la possibilité de choix du consommateur, ne va pas dans le sens d’un formatage massif de la production intellectuelle. Ce qui s’est passé en matière de cinéma, avec la domination hollywoodienne peut parfaitement se passer sur le Net. Protéger les produits, gérer les accès, c’est aussi les conduire et les guider, ouvrir des passages et en fermer d’autres."

 

Les députés l'ont bien compris et nous en sommes soulagés , l'enjeu n'est pas le piratage informatique, mais  la possibilité du partage des connaissances et de la culture.

Il n'en demeure pas moins que au côté des artistes, des créateurs, des auteurs  qui savent   intimement que dès lors que leur travail possède une "valeur" , il est systématiquement copié  ou exploité,  nous voyons la nécessité de réaffirmer  la notion de propriété intellectuelle. Notre société mondiale est marchande.  Que  les oeuvres  d'art  pour une infime part d'entre elles soient des objets de spéculation  ne doit pas dissimuler la grande misère d'une majorité de créateur et d'artistes qui se sentent à juste titre pillés.

 

voir aussi : Le journal Le Figaro, le journal L'Humanité, le site de l'association EUCD pour la sauvegarde du droit d'auteur ,   pour des arguments technologiques sur le sujet le Monde de l'Informatique

Par Art Point France - Publié dans : Art et société - Ecrire un commentaire
Jeudi 22 décembre 2005 4 22 /12 /Déc /2005 00:00
Le silence comme politique pour les arts plastiques
 

Au moment de la FIAC (oct.2005) et pour la première fois depuis longtemps, un premier ministre faisait part de son attention aux arts plastiques et annonçait une série de mesures pour soutenir l’art contemporain. S’interrogeant sur « comment redonner toutes ses chances à la création en France ? », M. de Villepin réaffirmait la mission des pouvoirs publics de « soutenir nos créateurs et de défendre leurs droits » et citait plus particulièrement l’adaptation de « notre législation sur les droits d’auteur, pour continuer à assurer, dans un environnement technologique nouveau, les droits des créateurs et la propriété intellectuelle. »



Effet d’annonce ou véritable politique en faveur des artistes plasticiens ? Nous sommes en droit de nous interroger lorsque nous constatons que sur les droits d’auteurs des artistes, le ministère de la culture oppose à nos attentes une inertie dilatoire ou reste muet. Droit de présentation publique ou d’exposition, droit de suite, droit de reproduction, dans chacun de ces cas, les artistes attendent toujours que le ministère de la culture prenne position concrètement en faveur de leurs droits.



Un rapport sur l’application du droit de présentation publique, rendu au ministre de la culture en février 2005, est gardé secrètement dans les tiroirs du Ministère. Selon le délégué aux arts plastiques, M. Olivier Kaeppelin, il ne pourrait pas être communiqué, car il serait discuté entre « professionnels » ; « professionnels », que ne seraient donc pas les artistes, ni les associations d’artistes, qui ont participé à la recension des données chiffrées de ce rapport, ni encore leurs organisations professionnelles dont les demandes sont à l’origine de ce rapport. Nous ne pouvons voir dans cette volonté de dissimuler les outils destinés à ouvrir un large débat que la crainte constante du ministère de reconnaître et de faire face à la situation paradoxale des artistes. Auteurs et premiers acteurs de l’art contemporain, les artistes sont aussi les plus précaires et les seuls dont les droits sont régulièrement bafoués. Il semble ainsi normal qu’ils supportent financièrement la gratuité soi-disant nécessaire à la présence et à la promotion des arts plastiques.



Dans son discours, M. de Villepin pointait la « préoccupation » des acteurs de l’art contemporain sur l’application du droit de suite en vertu de la directive européenne 2001/84/CE du 27 septembre 2001. Ce droit permet aux artistes de bénéficier, par l’octroi d’un petit pourcentage, de la plus value prise par leurs œuvres lorsque celles-ci sont remises en vente. Depuis une réunion de concertation en février 2005, le ministère de la culture se garde bien de faire connaître ses intentions quant au seuil et au taux du droit de suite qui doit s’appliquer sur les reventes d’œuvres des artistes vivants dès le 1er janvier 2006. C’est en tout état de cause prendre la mesure « des demandes légitimes des artistes », que souhaitait le premier ministre.



Les 20 et 21 décembre, l’Assemblée Nationale examinera en procédure d’urgence le projet de loi relatif aux droits d’auteur et aux droits voisins dans la société de l’information. Un certain nombre d’amendements, déposés par MM. Joyandet (UMP), Dionis du Séjour et Baguet (UDF), remettent en cause le droit de reproduction et la rémunération afférente des artistes plasticiens. Ces amendements prônent l’abandon du droit de reproduction des œuvres sans aucune contrepartie lorsque celles-ci feraient partie « de l'actualité traitée » ou « dans un cadre d'information », c’est-à-dire dans un cadre si large et si peu défini qu’il ouvrira soit de multiples procédures judiciaires, soit l’extinction du droit de reproduction. L’adoption de ces amendements aboutirait également pour la première fois à une déliaison automatique entre l’auteur et son œuvre : un premier pas serait ainsi franchi provoquant in fine un affaiblissement inquiétant du droit moral des auteurs.



Ces amendements, proposés sous la pression du Syndicat de la presse magazine et d’information (SPMI), soutenu par France Télévision, au nom d’une information qu’ils n’ont jamais mise en œuvre pour soutenir l’art contemporain, s’appuient encore une fois sur la supposée promotion des œuvres et des artistes auprès des publics. Ils méconnaissent la précarité des artistes et ils banalisent le non-respect de leurs droits d’auteurs, en ouvrant une banque d’images gratuites. Ils tentent de légitimer la règle constante et aporétique que l’accès gratuit aux œuvres développerait un marché dont on oublie que les mécanismes sont bien étrangers à cette volonté d’illustration des magazines.

 

Le ministre de la culture n’a jamais énoncé, en réponse à des interrogations multiples, une position ferme du gouvernement contre ces amendements. Il ne dit mot sur les autres droits d’auteur des artistes : le silence lui tient lieu de politique pour les arts plastiques. C’est une lecture nouvelle et audacieuse de sa mission que rappelait le premier ministre : « soutenir les artistes et leurs droits ».

Antoine Perrot
Président de la Fédération des Réseaux et Associations d’Artistes Plasticiens (FRAAP)

 

voir aussi : www.fraap.org, notre article sur le débat autour du droit d'auteur

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