Photographie


Jeudi 26 février 2009 4 26 /02 /Fév /2009 06:09

Le corps sculpture

 
du 4 février  au 22 mars 2009



Galerie du Château d'eau - Toulouse (31)

  Denis Darzacq
 

Le Château d’Eau présente quatre séries du photographe français Denis Darzacq, du 4 février au 22 mars 2009 dans la Grande Galerie. Dans la série Nu, réalisée en 2003, Denis fait poser des modèles dans des zones pavillonnaires. Une façon d’expérimenter l’irruption de la nudité brute, sans apprêt ni connotation érotique particulière, dans l’univers standardisé du pavillon de banlieue, dont l’extension urbanistique et sociale s’est accélérée au cours des années 2000. Les images qui en résultent ne sont pas dépourvues d’un certain fantastique, inspirées de la légende médiévale allemande du joueur de flûte de Hamelin entraînant à sa suite les enfants du village.

En 2003, au moment de la guerre du Golfe, Denis Darzacq s’est rendu en Algérie pour faire un reportage sur des danseurs algériens de hip hop, qui répétaient un spectacle organisé par deux compagnies de danse française pour une tournée internationale. Plus tard, en revenant sur ses images, le photographe s’est trouvé frappé par l’image des jeunes en suspension dans l’espace. Il a alors eu l’idée de demander à des danseurs et sportifs d’effectuer des sauts devant des fonds qu’il avait préalablement repérés, pour réaliser une série intitulé La Chute (2006).

Rien de faux dans ces scènes, saisies à un instant qui a bien existé, pas de fiction, nulle retouche ni trucage. Pris dans des cours d’immeubles ou des rues du dix-neuvième arrondissement parisien, ces jeunes ne jouent que leur propre rôle et se contentent d’effectuer des sauts dans un décor urbain moderne. Le photographe prend des images, n’intervenant que pour donner quelques indications de mouvement. Pourtant, au moment où le saut se produit, l’aléa et la force de gravitation font leur entrée. Saisis en plein vol, les personnages s’échappent alors de leur histoire personnelle. Ces images, qui ne sont pas sans évoquer le mythe d’Icare ou le Saut dans le vide d’Yves Klein, lui ont valu le prestigieux prix World Press Photo 2007 et ont été largement diffusées, aussi bien dans la presse que dans le monde de l’art. Au-delà des intentions même de l’auteur, elles ont donné lieu à diverses interprétations, tant du point Denis Darzacq de vue technique (de nombreuses personnes y ayant vu - à tort- des photos manipulées sur ordinateur) que sur le terrain social ou artistique, attestant s’il en était besoin de l’aptitude de la photographie à se prêter à des lectures multiples. C’est avec La Chute que prend tout son sens une longue recherche commencée plusieurs années auparavant avec la série Ensembles (1997-2000). Dans cette grande fresque, réalisée le plus souvent d’un point de vue en hauteur, le photographe se concentre sur le mouvement des corps dans l’espace urbain, en éliminant les indications de lieu et de contexte (signalétique, panneaux, immeubles, affiches). Se tracent alors des lignes et courbes évoquant une partition musicale, des figures mathématiques ou l’alea d’un jeu de dés. Le graphisme des images n’occulte pas pour autant ce qui se révèle comme la préoccupation majeure et récurrente de l’auteur : faire vibrer les lignes de tension entre soumission sociale et désir individuel.

Dans Hyper (2007), Denis Darzacq oppose des corps lévitant dans l’espace, à l’univers saturé et obsédant des supermarchés, temples modernes dédiés à la consommation. Les images évoquent le rêve, l’évasion, l’envol vers des régions inconnues. Les personnages empruntent la gestuelle des films d’action populaire ou des jeux vidéos, mais aussi du maniérisme des peintres italiens du XVIème siècle dans leurs excès formels de représentation, soulignant l’étrangeté mélancolique d’un geste inutile et gratuit dans un monde violemment fonctionnel. Mais la fantaisie, le burlesque, une certaine esthétique pop, ne sont évidemment pas absents de tels tableaux.

Virginie Chardin,
auteure du catalogue  et commissaire d'exposition.


informations pratiques :

Le Château d'Eau
1 Place Laganne
31 300 TOULOUSE
Tél 05.61.77.09.40

ouvert du mardi au dimanche de 13.00 à 19.00 - fermé le lundi



voir aussi : http://www.denis-darzacq.com

 

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Samedi 24 janvier 2009 6 24 /01 /Jan /2009 07:14

Paysages élémentaires

du 16 janvier au 1er mars 2009

Maison d'Art Bernard Anthonioz - Nogent-sur-Marne (94)



Julie Ganzin


Julie Ganzin s'est laissée guider dans les paysages par la présence déterminante d'un parmi les quatre éléments, la terre, l'eau, l'air et le feu. Elle a isolé la perception forte, élémentaire de l'un d'entre eux et constaté qu'il était  toujours lié à une activité humaine : l’eau et les pompes à eau de la plaine du Pô, le feu et les départs de feu en bord de route en Campanie ou en Sicile, la terre travaillée des cultures intensives et des pépinières industrielles, les champs d’éoliennes, etc...


Pour l'exposition de la maison Bernard Anthonioz, la photographe a rapproché ses images en diptyques créant ainsi "une feinte confrontation entre les éléments" et révélant la tension entre activités humaines et réalités naturelles. Les paysages photographiés ne sont plus seulement porteurs des traces de ces activités, façonnés par elles mais ils offrent un visage "politique" produit des décisions des acteurs du "territoire".

Ainsi vont  les paysages  vus par Julie Ganzin au gré des différentes zones géographiques parcourues.


Catherine Plassart


Informations pratiques :

Maison d'Art Bernard Anthonioz
16 rue Charles VII
94130 Nogent-sur-Marne
33 1 48 71 90 07

Tous les jours de 12h à 18h sauf le mardi.

Accès
RER A : arrêt Nogent-sur-Marne, puis bus N°114 ou 210.
RER E : arrêt Nogente-sur-Marne, 10 minutes à pied direction Centre ville (rue Charles de Gaulle) puis descendre boulevard Gallieni
Métro : Château de Vincennes, puis bus N°114 ou 210.


voir aussi :
www.ma-bernardanthonioz.com

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Dimanche 23 novembre 2008 7 23 /11 /Nov /2008 09:29

 du 8 novembre au  6 décembre 2008

 

Galerie Magda Danysz - Paris (11)

 

 

 

  Botto e Bruno

 


La galerie Magda Danysz  présente à l'occasion du mois de la photo à Paris,  le duo italien touche à tout Botto e Bruno, impressionnant par la diversité de leurs talents. Ils explorent aussi bien le photomontage que le dessin, les collages, les installations, la video, le théâtre, et la musique.

 

Ils ont grandi dans la ville de Turin, et ont été témoins de l'expansion de la banlieue et de l'obsolescence des quartiers industriels. C'est à partir de là qu'a commencé leur travail artistique : ils s'inspirent de lieux industriels vides, aux bâtiments plus ou moins délabrés, de rues désertées… et les peuplent de jeunes gens appartenant à la culture " grunge ", " indie ", " garage " identifiables grâce à leurs vêtements, leurs disques, et leurs magazines. Ces protagonistes des mondes périurbains du duo, à l'abri dans leur monde musical, nous rassurent sur les périphéries abandonnées. Botto e Bruno revendiquent la banlieue urbaine d'aujourd'hui et sa culture, en disant eux-mêmes : " L'art nous permet d'insinuer des doutes sur le cliché très diffusé que la banlieue est un lieu seulement négatif, sans aucune possibilité de renaissance sociale. "

 

Mais que ce soit en video, en photographie, ou en collage, loin de capturer un moment donné, Botto e Bruno se méfient de l'objectivité des images. C'est pourquoi ils recomposent des paysages de banlieue totalement originaux à l'aide de retouches, montages, juxtapositions, décalages et collages au scotch. Ils laissent ainsi une trace tangible et voulue de leur décomposition et remaniement des images.

 

Cette exposition nous permet d'admirer la polyvalence des artistes turinois : quatre installations mêlent video, bande sonore et les textes associés, et sont ancrées dans un décor urbain constitué de leurs photographies taille nature, de véritables trompe-l'œil qui tapissent les murs et le sol de la galerie. Au-delà d'un travail plastique de qualité et de coordination entre les supports, l'œuvre de Botto e Bruno est avant tout une réflexion sur la société urbaine actuelle : " C'est seulement au bord de la cité qu'on trouve la vie réelle, c'est en banlieue que se développent les problématiques de la vie contemporaine ".

 

 


Informations pratiques :

Galerie Magda Danysz
78, rue Amelot
Paris 11 - France
contact : magda@magda-gallery.com

 

voir aussi : la galerie Magda Danysz

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