Nord Ouest : expositions


Samedi 26 juin 2010 6 26 /06 /Juin /2010 08:43

 Sculptures

 

du 11 juillet  au 24 août 2010

 

Galerie Picot-Le Roy - Morgat (29)

 

 

Agnès Baillon

 

 

 Agnès Baillon. L'air qu'il y a autour

Les sculptures d'Agnès Baillon donnent une épaisseur à l'air qui les entoure. Elles se détachent de la matière gazeuse, précises et ourlées,    parvenant ainsi à  trangresser la banalité du quotidien. Offerts et détendus,  hommes, femmes, adolescents  adoptent des poses sans excentricité ni  provocation. Le regard lointain, la bouche entrouverte, ils ne savent rien de l'exacerbation des sentiments, ni des grandes déclarations.  Leurs silhouettes compactes, agrégats  d'impressions sensibles,  de souvenirs,  diffusent un soupçon d'anxiété et une sereine acceptation de leur condition d'être au monde.  Pourtant un artifice enrichit la réalité de ces personnages uniment familiers :   un subtile halo de sourde mélancolie.  Alors, ils basculent  dans l'onirisme et sans réserve nous invitent à considérer l'ineffable complexité en l'homme. L'oeuvre d'Agnès Baillon sauve  la représentation de l'indigence visuelle et accorde une prépondérance à la vie intelligible et invisible.

 

Catherine Plassart

 

Agnès Baillon est  née en 1963. Influencée par les écoles du Nord, son maître Crémonini, le sculpteur belge Vermeesch, mais aussi par Degas , Dürer ou Delatour, elle a développé ses propres formes d’expression : elle sait travailler la résine jusqu’à obtenir une transparence qui ressemble à la peau et, poussée par son goût de la désacralisation,  elle peint et repeint ses bronzes. Elle présente pour la première fois cet été, un ensemble de sculptures récentes à la galerie Picot-Le Roy sur la Presqu'île de Crozon .

 

 

  Agnès Baillon

 

 

Agnès Baillon

 

 

 

Agnès Baillon

 

photos : (1)    "Jane"  Bronze peint H 40cm , (2) Masque, Bronze peint  (3) Fenêtre, Bronze peint  (4) "Delphine " Résine

 

 

Informations pratiques :

 

Galerie Picot-Le Roy

"Le Nuage Bleu"
14 Quai Kador
29160 MORGAT
Presqu'île de Crozon

 

ouvert  du mardi au dimanche de 17h à 19h 30
nocturne le mardi soir jusqu’à 22h

et sur rendez-vous : 06 03 34 34 60

 

voir aussi : le site de la galerie Picot-Le Roy

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Lundi 12 avril 2010 1 12 /04 /Avr /2010 15:35

Tropes et Trophées

 

du 17 avril au 24 mai 2010

 

Musée de la Vallée de la Creuse   - Eguzon (36)

 

  Joël Desbouiges

 

 

Séries et  "stratégie du salut".  

 

C'est dans une vallée proche d'Eguzon où Monet  venait travailler, que le  Musée de la Vallée de  la Creuse surplombant  rivière et  collines de bruyère s'est logé. Il  se consacre depuis peu de temps à l'art contemporain. Après une invitation faite à Nils  Udo pour une première exposition dans le lieu, celui-ci est confié à Joël Desbouiges qui s'en empare  à son tour et tente de le réinventer.  

 

Joël Desbouiges travaille par compilation d'oeuvres et d'images dans des séries : '' Les têtes couronnées que l'on mérite'',  "Terres partagées"  hommage à J P Riopelle,  ''Mise en joue'' , ''Fadaises''. Une démarche aux accents conceptuels qui s'exprime aussi bien en photographie, en peinture, en installation. Une entreprise d'archiviste nourrie d'une réflexion sur les vertus de l'image quand celle-ci  est tissée de raison d'être intime  et d'un regard porté sur le monde tel qu'il est. 

 

Ainsi, la représentation en tout, chez Desbouiges  est ambivalente. Son attachement indéfectible à la peinture est mis à mal par l'impérieux Concept et la nécessité d'être de son temps. Une ''mise en joue'' de la Peinture (du savoir faire , d'un art dit  trop classique),  comprend 35 formats (cibles) de 40 x 40cm ,  blessés par les flèches d'une  carabine de ''tir aux pigeons'' d'enfants.   Les lignes s'ouvrent et se ferment sur elles mêmes. Les formes se conjuguent. Dérisoire attaque caoutchouteuse de l'entreprise d'esthétisation par le médium peinture. La vie  fragile bat comme un coeur,  le sentiment fort de l'existence émerge.

 

Dans "Terres partagées" 2009/2010 hommage à J P Riopelle, 14  assemblages,  environ 130 x 60 cm, Desbouiges met aussi en oeuvre des formules associant la description à l'interrogation, la vérité au doute. A la suite de Riopelle il plonge dans la nature sauvage pour se libérer du carcan de l'intellectualisme institutionnel. Il se retrouve conscient du pouvoir de l'image, conjuguant l'objet-signe et  la limpidité de l'expression picturale.

 

 

Joël Desbouiges

 

Les séries seront toutes représentées dans cette exposition du  Musée de la Vallée de  la Creuse.  "Les têtes  couronnées que l'on mérite",  2009, 7 trophées détournés posés comme des chapeaux sur un porte  manteaux. Davantage objets  que sculptures, il sont les multiples représentations d'une même préoccupation, une déclaration selon laquelle l'art est une stratégie du salut. La récente et naissante série des ''Fadaises'' puise dans des centaines  de photos , images (argentiques et numériques ) stockées depuis  plusieurs années. Dans cette abondance, il y a quelque chose à préserver. La perspective est documentaire, la méthode s'impose, la poésie du souvenir affleure.

 

La dernière née ''Identité Nationale''  7 planches de 70 x 50 cm chacune , photo et aquarelle _ les couleurs sur les moutons ne sont pas ajoutées_  est promise à un grand destin (une édition de multiples des planches et un livre avec des textes de grands philosophes) .  Dans ce photo-montage, les moutons en ribambelles parlent aux hommes dans le langage des hommes. Une fable paisible et suave pour  une morale concomitante et corsée. 

 

D'accord avec Pessoa, Joël Desbouiges répète « Je n’évolue pas, je voyage ». Les territoires qu'il traverse sont ceux de l'utopie de la peinture.  La photographie qui lui réclame une grande vigilance complète son activité de peintre. Les séries dit-il sont  "un moyen de condenser le temps," de le raccourcir, "de dégager du temps à venir."  Sa recherche d'un idéal  lui permet d’avancer quand il est convaincu d’être dans la bonne direction celle de la perfection.

 

Catherine Plassart

 

 Joël Desbouiges

 

 ''Identité Nationale'' 

 

 

Joël Desbouiges

 

 ''Mise en joue''

 

 

Joël Desbouiges

  '' Les têtes couronnées que l'on mérite''

 

Joël Desbouiges

 "Cygnes amour", série ''Fadaises'' 

 

photo (1) :  "Terres partagées" 2009/2010 hommage à J P Riopelle

 

 

Informations pratiques :

 

Musée de la Vallée de la Creuse
Parc de la mairie
2, rue de la gare
36 270 Eguzon
02 54 47 47 75
museevalcreuse@wanadoo.fr

ouvert du lundi au vendredi de 10h à 12h et de 14h à 18h ;
samedi, dimanche, jours fériés de 14h à 18h ;
fermé le mardi.

 

voir aussi : www.museevalcreuse.fr/  et la vitrine de Joël Desbouiges sur Art Point France

 

 

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Mardi 30 mars 2010 2 30 /03 /Mars /2010 08:00

Serge Poliakoff (1900-1969)

du 30 janvier au 30 mai 2010

Musée de Pont-Aven





Serge Poliakoff





La perspective du cosmos.

L’homme est le seul vivant capable de répondre au besoin métaphysique par des œuvres signifiantes. Serge Poliakoff fait cas de cela et nous en administre la preuve. Pas d’idolâtrie chez lui, ni de volonté de rompre avec le désir d’Ailleurs.

Sa technique s’insère dans l’évolution de la peinture abstraite de la première moitié du XX ème. L’homme s’est adapté à la France de "l'école de Paris" mais est demeuré au fond de lui Russe, iconophile et musicien. Sa pratique de la guitare a joué en effet un rôle important dans le quotidien de son existence, avant que l’œuvre plastique gagne la reconnaissance attendue.

Il ne s'est pas non plus réfugié dans la fuite ni la rupture perpétuelle au niveau du style. Il a fabriqué ses outils et a montré une continuité à la hauteur de sa vision du monde. Selon nous la seule question qui ait hanté Poliakoff relève de l'interrogation suivante : L'homme est-il capable de s'arracher à soi ? Et encore : Où plongent nos racines ?

Sa peinture est celle d'un contemplateur et d'un magicien de la couleur. Ses formes sont limitées. L'ensemble prend une dimension cosmique, au sens physique, sans prolixité ni fermeture.

Ses biographes rappellent qu'enfant il fut fasciné par les images qu'il vit quotidiennement dans les églises orthodoxes de sa Russie natale. Son voyage pictural s'est sans doute déroulé avec ce matériau familial, sans illusion ni volonté destructrice, mais avec le souci de ne jamais perdre de vue l'entre-deux entraperçu certainement un jour à l'intersection des lignes et des couleurs.

Pierre Givodan





Serge Poliakoff




photos :
(1) Serge Poliakoff, Composition abstraite, 1966. Huile sur toile, H. 162 L. 130 cm. Collection particulière. © DR (2) Serge Poliakoff Formes




Informations pratiques :

Musée des Beaux-Arts de Pont-Aven
Place de l’Hôtel-de-Ville
29930 PONT-AVEN
02.98.06.14.43
musee@pont-aven.fr


ouvert tous les jours de 10h à 12h 30 et de 14h à 18h 30



voir aussi : le site du musée de Pont Aven

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