Samedi 7 février 2009
6
07
/02
/Fév
/2009
05:38
du 26 novembre 2008 au 31 janvier 2009
galerie Patrice Trigano - Paris (6)
L'imagination "blessante" d'Iturria.
Quand on veut comprendre la peinture d'Iturria, né à Montevideo en 1949, il faut observer comment il représente les hommes, les femmes et les enfants : minuscules et affairés, joueurs
et insouciants, dont il nous chante poétiquement les gestes dans des environnements où ils se perdent.
Et pourtant rien d'ordinaire du côté de l'espace qui les entoure ou qu'ils habitent. Mais un univers surdimensionné qui ne trompe pas et auquel il manque l'essentiel : la possibilité
d'y déceler une issue. On appréhende ainsi par la vue le mouvement qui pousse le peintre à construire ces scènes étonnantes dans des appartements qui balayent toutes proportions, des
labyrinthes qui affectent la perception, de mystérieuses piscines ou des lavabos dans lesquels de petits êtres flottent faussement souverains.
C'est que pour Iturria, sélectionné en 1995 pour représenter l'Uruguay à la biennale de Venise, le tintamarre de la vie, n'empêche pas de penser, de s'étonner et de chasser l'absurde
en le tenant en échec par la science troublante d'un art puissant.
Ceci dans des tons terreux où le théâtre ridicule des hommes pas plus grands que des moustiques, gagne la bataille de la vie en agissant envers et contre tout, au hasard des jours,
comme un ensemble vain de jouets du sort.
En écrivant cela on songe tout aussi bien au néant qui les poursuit. Car d'où vient que ces êtres "boiteux" qui éprouvent le besoin d'y croire ne conversent malgré eux qu'avec le
royaume des ombres et du clair-obscur sous-jacent ?
C'est que l'imagination d'Iturria, maîtresse de fausseté et d'infaillible vérité nous parle de fous qui ont beau jeu de sembler crier à la puissance ou la victoire, mais qui ne
cessent pas au-delà du respect qu'on leur doit, de paraître insuffisants et quelque peu "misérables".
Jeudi 22 janvier 2009
4
22
/01
/Jan
/2009
05:22
"Le Frimeur flamboyant"
du 04 février au 05 avril 2009
Maison de la photographie - Paris ()
Combas : De la photo, de la peinture.
Ce que nous dit Robert Combas ici, c'est que l'on ne peut mettre entre parenthèse la peinture. Celle-ci rejaillit toujours. En un sens il se rattache par là aux partisans du retour au
métier de peindre en face des expérimentateurs du collage et des déductions de la peinture à partir d'autre chose qu'elle-même.
La confusion vient en effet de loin. Elle s'enracine dans la négligence vis à vis de ce que voit le peintre. L'oeil du peintre étant à distinguer de celui du photographe. Le monde du
photographe est disons "empirique" ou fondé sur l'observation, celui du peintre est subjectif et "pur" (entendre axé sur l'essentiel), si l'on en croît Combas en suivant le fil de
cette exposition.
D'un côté le sujet : le peintre, ses obsesssions et ses valeurs, de l'autre le monde que la photographie tente de saisir et d'épuiser. Notre idée est que Combas "en acte" nous propose ici
de choisir sans nous limiter.
PG
Exposition "Le Frimeur flamboyant" de Robert Combas. 04 février 2009 au 05 avril 2009. Maison européenne de la photographie, ville de Paris, après Jacques Monory "explorer les
relations entre peinture et photographie".
photo : Technique mixte sur tirage argentique, 2008. 143 x 112 cm © Robert Combas
Voir aussi : le site de la Maison européenne de la photographie
Dimanche 11 janvier 2009
7
11
/01
/Jan
/2009
08:06
jusqu'au 10 février 2009
Fondation Memmo, Palazzo Ruspoli - Rome (Italie)
|
|
Basquiat l'Homme de l'ombre.
Je soutenais qu'il ressemblait à un joueur de flûte, car il avait le pouvoir d'enchanter les esprits. Mais ses instruments étaient des pinceaux, des brosses, du papier, de la colle,
des toiles et non de simples sons.
- La différence qu'il y a entre vous et les autres, c'est que vous semblez ivre de prendre les dieux à témoin. Vous faites jaillir les yeux hors des orbites, vous forcez les gens à
éprouver des émotions troublantes. Vous transcendez les âmes des anciens esclaves et vous en faites des zombies palpitants qui avouent leur dette aux cultes vaudous.
Jean-Michel Basquiat (ou plutôt son ombre ) me répondit en un éclair que ce n'était pas vrai. Il quittait le monde et le fuyait en peignant. Il avait honte parfois et rougissait aussi
de ce qu'il représentait. En fait son ambition et la recherche des honneurs le taraudaient aussi, mais il s'en était préservé par l'amour sans souci : les héros marrons ou
noirs aux cheveux hérissés comme des autoportraits aux corps désarticulés qui le poursuivaient étaient ses frères.
- Cependant je n'ai aucune ressemblance avec eux. Moi j'ignore tout et je ne sais rien !
- Jean-Michel vous vous cachez encore dis-je. Vous passez votre vie à plaisanter. Vos exercices de gymnastique picturale...
Il n'y avait pas moyen de résister à cet homme fier qui se réjouissait déjà.
PG
Exposition de plus de 40 oeuvres de J. M Basquiat des photos et des pièces inédites sur le thème du corps humain à voir à la Fondation Memmo, Palazzo Ruspoli à Rome, Italie, du 2
octobre 2008 au 10 février 2009.
photos :
Jean-Michel Basquiat
Firenze 1985
Photo © Michael Halsband Self portrait (Plaid), 1983
Acrylic and paper on panel
Thaddaeus Ropac Collection
Salzburg- Paris
informations pratiques :
Palazzo Ruspoli
Via del Corso, 418 - 00186 Rome Exhibition Space
Tel: +39 06 6832179
fondazionememmo@palazzoruspoli.it
voir aussi : le site de la Fondation Memmo