Lundi 1 octobre 2007
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Eric Clapton - Guitar Héros
« Nobody knows you when you’re down and out… ».
Personne ne connaît Eric Clapton, sa musique, ses concerts, s’il ne sait qu’il s’est senti très tôt investi d’une « mission », ce sont ses propres mots , vis à vis du blues.
La question n’est pas de savoir pourquoi, mais plutôt à quelle fin.
Lorsque l’on entend l’homme chanter et jouer, on comprend. L’objet est toujours chez lui l’étendue de la générosité à répandre. Le mot peut faire rire aujourd’hui. Il demeure
énigmatique lorsque l’on sait le parcours de ce guitariste surdoué. En effet, mis à part le plaisir à partager, que pourrait encore attendre Clapton d’une simple écoute ?
On esquissera volontiers une réponse : l’amour en retour. C’est en effet un but qu’il poursuit avec B B King , devant lequel il s’humilie parfois ( voir le clip de « Riding with the
King » où il conduit une décapotable, tandis qu’assis à l’arrière le grand King joue comme s’il descendait le Mississippi vers New Orleans).
Alors où est la maîtrise, où est le délire ?
« Sweet Little Angel » nous donne là encore une clé. Eric Clapton, tel un mal-aimé court comme un aveugle dans la nuit. Quelqu’un a dû lui dire un jour qu’il y avait des nuits
heureuses.
Ecouter « Me and Mr Johnson » (2004), pour l’éternel retour du « guitar héros ».
P.G.
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Pierre Givodan
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Lundi 1 octobre 2007
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12:57
Jeff Beck - Locomotive blues
Jeff Beck est sûrement né avec une guitare et il est certain qu’il disparaîtra sur scène en accompagnant B B King. A douze ans déjà il visait les cimes du British Blues. C’est
pourquoi il se sent appartenir de droit à la famille libérale et cultivée des fils de la note bleue.
Après plusieurs années passées aux Beaux- Arts il a acquis sa renommée de transfuge et a joué un rôle important sur la scène anglaise notamment avec les Yardbirds (1965), en
remplaçant Eric Clapton. Pas très rationnel avec quelques incursions dans le jazz ( plus ou moins free récemment ) ou le Hard rock (Jeff Beck Group jadis, accompagné de Rod
Stewart un moment), mais toujours expérimental , il a un rire communicatif.
Jeff n’est pas un matérialiste, mais un esprit aventurier, et l’on n’imagine pas longtemps qu’il cesse d’être cependant une institution solide. En cela réside le paradoxe qui se
résoud si l’on se souvient que ses maîtres lui ont transmis les images du diable au carrefour, dès l’école secondaire.
A présent à soixante trois ans Beck ne craint plus rien. Son usage de la distorsion et du feed back demeure anticonformiste et son rythme ‘n’blues fait tout pardonner . Ses
improvisations sont essentielles pour introduire quiconque dans l’élément bleu.
Il suffit par exemple de l’écouter accompagner Van Morrison dans l’extraordinaire film « Red, White, Blues » de Mike Figgis (2003).
P.G.
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Pierre Givodan
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Lundi 1 octobre 2007
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12:56
Jimi Hendrix - Le long de la tour de guet
La façon dont cet esprit artiste s’éloigne de la figure simplement pop est liée à sa conscience de quelque chose d’indicible et de singulier : l’essence de la forme pure du blues. Il est illuminé
et sans mélange. «Wild Thing » en témoigne par exemple. La guitare d’Hendrix recherche le cristal.
Etrangère dans la nuit sa pensée est toujours active, sans imitation. Le jeu de l’homme, incommensurable, est mû par un dieu intérieur. Sa mise en scène libère une valeur authentique
dont personne n’a jamais douté. Il s’est notamment passé quelque chose au festival de Monterey lorsque Jimi, sans contingence, sans se rabaisser, mais en s’agenouillant, a brûlé sa guitare, puis
l’a projetée en la tenant par le manche et l’a brisée en morceau. Ce culte rendu à la profondeur du son, dans un mouvement de ferveur effective faisait partir en fumée une substance souterraine
sacrifiée.
Le festin qu’offre Jimi Hendrix n’est jamais entièrement consommé. C’est en cela que sa musique touche le cœur et n’est pas définitivement perdue ; valant comme morale transparente proposée
de nouveau de tous côtés.
Cette fusion essentielle avec la vie ne s’évaporera jamais, car Jimi se savait libre, sans hypocrisie et ne craignait pas d’être démasqué.
Ecouter The Jimi Hendrix Expérience Electric Ladyland (1968), entre autres pour la reprise de la chanson de Bob Dylan « All Along the Watchtower », et « Wild Thing » dans Live at Monterey
(1967)…
P.G.
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Pierre Givodan
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