Les chroniques intempestives : P. Givodan


Lundi 19 septembre 2005 1 19 /09 /Sep /2005 00:00
Tentative d'interprétation du nihilisme contemporain
 

Le nihilisme comme expression de la faiblesse vitale selon Nietzsche est sans doute une vérité. Le désir de néant y compris comme mort volontaire est lié à une incapacité de prendre en charge le monde. L'erreur de Nietzsche ou du moins son inactualité, est sans doute dans son analyse des causes au XIXème siècle.

Selon lui l'origine du désir de néant est dans la superposition des mondes ( monde du vrai, monde du faux...) .
Selon nous, c'est plutôt la perte progressive de la puissance à se manifester comme esprit, la dégradation "d'énergie vitale" comme entropie, atrophie de l'âme qui est en jeu aujourd'hui.

Le nihiliste est affecté d'une destruction de son principe vital. Il s'agit donc de réhabiliter le concept de sujet et le "principe du soin de l'âme" conçu par les grecs et revu notamment par J.Patocka (Platon et l'Europe), Mamardachvili (La Pensée empêchée) , Michel Foucault (Le Souci de soi) ...

Nous voulons parler de tous les dissidents, contestaires, d'une politique masquée d'incarcération moderne de l'Individu au nom de la Société.

Même notre philosophe radical Alain au début du XXème ne disait pas autre chose lorsqu'il défendait les "puissances de l'invisible". Car lorsque le moi ne peut plus se transcender, lorsque la Société et le principe d'ordre "néguentropique" se retournent en entropie comme principe réducteur de la forme humaine en matière fonctionnelle, l'homme peut se transformer en "bombe humaine" comme ultime expression d'une liberté qui n'est plus que déflagration de néant d'atomes dans le vide historique.

Miroir du rien en politique. Ou reflet d'une époque de décadence de l'Idée en "choses" indéterminées dans l'art par exemple.

 

Pierre Givodan

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Dimanche 11 septembre 2005 7 11 /09 /Sep /2005 00:00
 L'art ou l'écart de la liberté
 

 Il n'y a pas de progrès dans l'art.

 

Ni naissance, croissance, ni mort de l'art.

 

Hegel a eu tort de faire de l'art, une des manifestations du vrai.

 

D'ailleurs il n'y a pas de vérité en art.

 

L'art n'est que métaphore, connotation, mystère, image et non coïncidence de l'objet à sa représentation.

Car comme tout symbole, l'homme compris, l'art manifeste un sens qui le dépasse.

 

Mais il y a une régression dans l'art. La chute dans le non-art est une manifestation historique du faux.

Le faux art se veut être l'art vrai, c'est à dire l'art nouveau, l'art de son temps, de son époque, "historique" etc.

Car comme tout employé de l'Etat l'artiste manifeste alors pour un sens dont il est maître. C'est l'art des professeurs et de l'institution, où la collusion art et politique est fracassante.


Conséquence : militant de la transcendance l'artiste est toujours celui qui parle pour ne rien dire, ou plutôt pour dire que ce qui se dit n'est pas tout.

Et pour nous rappeler à un peu plus de modestie, c'est à dire au sens du vrai qui mérite un peu plus de respect.


La prise en compte de l'in-fini doit bien se cantonner à l'art. Mais l'art par l'inscription de l'in-fini est l'activité de manifestaion de l'inachèvement du monde et de l'homme qui ne peut et ne doit pas être résorbé.

Cet écart marque celui de la liberté et préserve de tout réductionnisme de l'in-fini au fini (identifié à tort à l'absolu ou à la vérité historique).

 

(septembre 2005)

Pierre Givodan

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Mercredi 31 août 2005 3 31 /08 /Août /2005 00:00
 Matisse : peintre du bonheur
 

 Il y a chez Matisse une tentative de donner à voir et à sentir le bonheur en acte.

 

Et cet effort passe toujours par un détour.

 

Un de ces détours radicaux dans cette posture de recul face à l'histoire est dans le résultat de son voyage en orient, après celui de Collioures à l'heure "fauve".

 

Explosion de la couleur au Maroc. Portes sur la vie, l'harmonie, la lumière flamboyante. Ensuite il s'agit d'infuser du mythe dans le réel. Et les corps, hommes et femmes réunis jouent ici de part leur nudité ou leur parure choisie un rôle déterminant.

 

Danse, musique, inscription des portraits et personnages dans des espaces auxquels ils participent. Sympathie du sujet avec son environnement. Fusion d'ensemble et unité voulue et obtenue du tout.

 

Sublimation du monde. Sans doute est-ce la tâche de l'art. Mais enfin jusqu'à "l'athlète du christ" qui décore la chapelle de Vence, il y a ce désir d'élévation, ce vitalisme concret.

 

Il s'agit de comprendre que la joie de peindre passe chez lui par la couleur, la maîtrise des formes dans leur fausse simplicité et les découpages de la fin de sa vie assument aussi ce rôle.

 

Et il faudrait ajouter à cela la représentation du mouvement, la fascination pour la grâce contenue dans les gestes les plus quotidiens.

 

Pour finir, l'épanouissement d'un style qui jaillit de la transformation du monde en icône gigantesque.

 

 (août 2005)

Pierre Givodan

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