Les chroniques intempestives : P. Givodan


Dimanche 6 novembre 2011 7 06 /11 /Nov /2011 13:49

 

Edvard Munch

La conclusion à laquelle arrive Munch

 

La condition d'Edvard  Munch a sans doute connu bien des bouleversements. Il a dû lutter certainement pour conserver son humanité et sa peinture a trouvé un élan dans un renouveau de l'expressionnisme dont la radicalité annonce Bram Van Velde et les Abstraits coloristes des décennies suivantes.

Pas de recherche fondée sur la multiplicité des artifices donc dans ses oeuvres. Le pinceau prolonge le bras. Munch a peint avec son corps. Il prépare un certain agrandissement des sujets. Il marche à l'affect. Son carburant convertit en mouvements des énergies accumulées durant des années... Extension, puissance. Ses tableaux gémissent sous le poids des faits biographiques. Mais Munch veut continuer et accomplir la fonction de l'art : un savoir-faire pour toucher le divin. 

Or dans ces toiles, pas de vide ni d'efforts désordonnés, mais une morale, un regard intérieur actif aussi. D'où une conscience dont le va-et-vient nous renseigne sur la pièce, la comédie, le scandale... La vie est passée par là, Munch n'a rien oublié, il persiste et signe.

PG

Exposition "Edvard Munch, L'oeil moderne" du 21 septembre 2011 au 9 janvier 2012, Centre Pompidou, Paris.

 

 

Pierre Givodan

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Vendredi 21 octobre 2011 5 21 /10 /Oct /2011 16:46

"Les sept dernières paroles du Christ"

 

 

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Bernard Lacombe et l'Occident de l'art.

 

Cette exposition de Bernard Lacombe nous importe si on se place dans le contexte philosophique d'une pensée chrétienne. C'est ici qu'intervient la nécessité de se référer au texte : celui du Nouveau Testament. Le livre même porte le message de "Jésus".

Indépendamment de son encrage dans le judaïsme ou des influences multiples que cet écrit peut refléter, nous sommes là devant un bouleversement de valeurs. Une révolution dans la culture de l'époque qui traversera les siècles. L'humanité connaît ses séismes. Elle en est même coutumière. En quoi consiste la "coupure " chrétienne ? Et quel "obstacle" surmonte-t-elle ?  Les expressions empruntées à Gaston Bachelard pour décrire le processus cognitif dans la science, valant ici aussi selon nous. C'est bien cet enjeu qu'interroge à sa manière expressionniste la série des oeuvres de Bernard Lacombe que l'on observe maintenant.

Ce dernier est un lecteur et un familier de la culture judéo-chrétienne. Son travail pictural va puiser dans l'inspiration qui a donné lieu à l'humanisme spécifique qui caractérise notre occident de l'art.

C'est pourquoi dans la filiation d'un Rembrandt par exemple, il nous montre comment le pari en un sens transcendant de l'existence s'incarnera en une figure à la hauteur de notre souffrance et de notre joie ; celle d'un individu chez qui "l'obscure divinité" pascalienne se réfracte discrètement dès l'origine.

Pierre Givodan

 

Exposition et Lecture musicale le 17 novembre 2011 à Genève

 

voir aussi : le site personnel de l'artiste

 

Pierre Givodan

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Mardi 24 mai 2011 2 24 /05 /Mai /2011 09:09

 

 

La tentation de l'art

 

Ainsi il existe une tentation de l'art et celle-ci consiste à regarder en arrière, comme Orphée qui ne pouvait détacher son regard de la douce Eurydice. Il y a donc un malheur de l'artiste qui désire faire retour au commencement. Comme s'il pressentait que l'important, le décisif, l'irréductible noyau de l'être s'est ouvert là pour de bon à sa conscience. En lui et pour lui le peintre se doute souvent qu'il a laissé passer quelque chose d'essentiel et c'est une raison de "creuser" alors le dessin, d'expérimenter toujours la couleur en peinture tout en regardant les maîtres d'hier. Et l'on pense à Garouste... On avance vers l'inconnu à condition d'être soutenu pas le passé. Un homme sans histoire n'existe pas, pas plus dans l'art que dans la vie. Être un artiste c'est évidemment avoir des repères aussi. Mais encore faut-il s'entendre sur la place à accorder à ceux-ci. Le plus gros effort et la vraie liberté résident dans cette posture ambiguë consistant à ne pas évacuer les images antérieures, mais à savoir le rôle qui leur revient de droit. Celui de normes de conduites créatrices et d'échelles de valeurs pour juger seul de la nécessité de représenter autre chose tout en pouvant continuer à soutenir le regard de ce qui a été et qui gît quelque part dans notre mémoire encombrée. Mimmo Paladino s'invite alors à notre Panthéon.

 

Pierre Givodan

 

 

 

 

Gérard Garouste

 

 "Colomba" Gérard Garouste,Huile sur toile, 250 x 300 cm, 1981

 

 

 

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"Ronda notturna 7 (da Rembrandt)",Mimmo Paladino technique mixte sur toile, 165 x 185 cm,  2007

 

 

 

Pierre Givodan

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