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Dimanche 8 avril 2012 7 08 /04 /Avr /2012 19:34

Catherine Plassart étant decédée subitement d'une rupture d'anévrisme, le site Art Point France et le blog d'information Art Point France Info sont à l'arrêt.

 

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Mardi 27 mars 2012 2 27 /03 /Mars /2012 17:19

D'une rive l'autre


dui 4  au 25 avril 2012

 

Galerie François Mansart - paris 3e

 

120x80cm.jpg

 

Après une exposition de ses livres d'artiste à l'espace Landowski de Boulogne Billancourt du 6 au 29 mars, Motoko Tachikawa présente ses oeuvres graphiques à la galerie François Mansart dans le Marais à Paris. 

 

Échouée sur d’improbables rivages, jaillie des profondeurs exubérantes de forêts indolentes ou nimbée de ciels incendiés virant en fleurs somptueuses, toute l’œuvre de Motoko Tachikawa se déploie en un long poème aux confins du réel ; sa manière singulière de vivre son appartenance au monde en fouillant sans relâche, en explorant le visible pour mieux découvrir la part cachée, la lumière et l’ombre, l’immobile et le fugace, l’émotion contenue : J’ai cherché caresses, chaleur et tendresse/J’ai trouvé douleur, chagrin et détresse (Pays de Jean-Paul Soïme). Noir intense d’une orchidée ou d’un arbre, pourpre et or d’un camélia ; aquarellée ou gravée et oxydée à l’acide, chaque œuvre se fait témoin d’une alchimie secrète et d’un dialogue lumineux à la croisée de l’Orient, de l’Afrique et de l’Asie. Des peintures couleur de terre et de ciel qui effleurent les continents par-delà les cultures sans se perdre en chemin dans la voie de l’autre ; s’en dégagent une sérénité en guise d’éternité et l’impression d’un temps perdu incessamment retrouvé. Un graphisme qui étreint, plonge au cœur, jusqu’aux racines, et ne s’y attarde que le temps de retrouver le bleu du ciel, l’indigo de la mer ou la “Lune de grand froid/Comme un coup de pinceau/Au plus haut point du ciel” (Silence, d’Enshi). Nul chevalet n’encombre son atelier : Motoko s’agenouille, sa toile ou sa feuille de papier disposée à même le sol et sourit devant la coulée d’encre surgie par inadvertance qui la surprend et la comble d’une secrète connivence. Et elle rit, de ce rire qui si souvent illumine son propos. Parfois le dessin s’épure, se scarifie ; il devient signe et donc langage à (re)découvrir ; le végétal dépouillé, stylisé, nous renvoie à l‘aube de l’humanité, à ces pétroglyphes qui s’obstinent à celer leur mystère – langage d’avant le langage. Il faut que l’œil écoute ce chant venu de mondes lointains et qui, de l’image au texte – sans jamais que l’on sache qui se confie à l’autre – nous livrent bien des secrets. Œuvre solaire qui se décline en estampes, peintures, gravures et livres d’artiste. Livres rares et précieux où Aimé Césaire, parfois, confie sa plume et sa fille Ina livre ses traductions du créole ; des reliures accordéon à 16 plis, images gravées ou travaillées en numérique ; les textes sont calligraphiés à la main avec des rehauts à l’aquarelle. En une dizaine d’années, sa collection “Poésie à graver” s’est enrichie d’une cinquantaine de titres. Papier népalais, japonais, chinois ou Vélin d’Arches, chacun d’eux, entièrement réalisé à la main par l’artiste, est tiré entre 20 et 50 exemplaires : haïkus de son père, Enshi, de sa grand-mère, Shitsué, dans Voyage, ouvrage dont la couverture est un tissu qui provient d’un kimono d’Enshi. Sans oublier une recette de mousse au chocolat !... l’humour en créole de Jean-Paul Soïme traduit par Ina Césaire. Monde de la fragilité, de l’éphémère à l’ombre de ces fleurs au parfum d’ailleurs (Captive de la gelée du matin/La beauté intense/de la fleur de chrysanthème/S’impose en toute évidence – Silence d’Enshi), mais aussi invitation au voyage et nostalgie, alizés espérés et tristes tropiques. Neige, Silence, Voyage, Désir désert, autant de titres évocateurs et d’étapes pour cette nomade au long cours qui ne retrouve ses racines qu’au fil de ses créations, telle une longue et patiente méditation non exempte de mélancolie parfois, que traverse une poésie du silence : le haïku.

Florent Founès

 

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photos (1) Camélias 80 x 120 cm, aquarelle, huile sur papier (2) Bégonias, tirage numérique pigmentaire sur papier Japon, 30 x 42 cm édition à 5 exemplaires(3) Estampe, tirage numérique pigmentaire sur papier Japon, 42 x 60 cm édition à 5 exemplaires

 

 

Informations pratiques :

vernissage le 5 avril de 18h à 22h

 

Galerie François Mansart

5, rue Payenne - 75003 Paris 

 

ouvert : mardi à dimanche de 14h à 19h

 

voir aussi : un choix de livres d'artiste de Motoko Tachikawa

 

 

Par Art Point France - Publié dans : Paris : expositions - Ecrire un commentaire
Vendredi 23 mars 2012 5 23 /03 /Mars /2012 07:25

 

Exposition collective

 

du 28-01 au 21-04 2012

 

Pavillon blanc, centre d'art - Le Colomiers (31)

 

 

Julien Prévieux

 

 

Dans Les livres de ma vie, Henry Miller écrivait qu'il ne connaissait pas de meilleur endroit pour lire que « dans les profondeurs d'une forêt. De préférence auprès d'un torrent ». L'exposition du centre d’art de Colomiers nous tient éloignés de ces lieux enchantés. Les artistes convoqués pour cette exposition sur le thème de la bibliothèque jouent avec le mobilier et  les représentations en oubliant le mot, le texte, la culture. 

Car force est de constater que ce qui domine est le vide et l'absence. Les bibliothèques sont creuses (Elvire Bonduelle , Eden Morafaux) ou présentent des livres aux idées obsolètes (Julien  Prévieux) ou encore montrent le défilement presque abstrait de l’image virtuelle d'ouvrages alignés (Yann Serandour). 

La disparition du texte, la blessure infligée au livre sont l’objet et le sujet chez Estefania Penafiel Loaiza. La négation radicale du principe de bibliothèque et l'indifférence fondamentale à l'écriture sous tendent les créations de Sébastien Vonnier. Au mieux, un livre unique tenu dans la gueule d'une sculpture en forme de pion d’échec - le fou - est pour Sammy Engramer l'occasion d'exprimer son rapport critique au savoir. 

Seul, dans cette vaste exposition, le graphiste Frédéric Teschner en revenant à la lettre semble se souvenir que le livre n'appartient pas à un passé révolu, n'est pas non plus voué à la disparition puisque ne serait-ce que dans sa dimension d'objet il évolue et se renouvelle à l'envie.

L’exposition  nous dit-on, "vise à explorer les liens de l'artiste avec le savoir et la représentation du savoir et de la culture par les artistes aujourd’hui". D'un seul regard circulaire dans le Pavillon blanc,  il est permis de constater que les jeunes artistes ont renoncé au livre comme source de la connaissance. Ce qui inquiète, c'est le rejet dont le savoir lui-même est l'objet puisqu'ils ne trouvent aucune forme nouvelle pour le représenter.

Les amoureux du livre et de la lecture verront beaucoup de cruauté dans le choix du titre de l'exposition. La luxuriance de la forêt et l'impétuosité du torrent s'accordent mal avec la vision aride d'un imaginaire absent et d'un savoir dont l'accès est empêché.  

Ils dénonceront aussi le paradoxe qui veut que des bibliothèques de lecture publique cherchent dans le miroir que leur tendent ces artistes leur justification. Connaissent-elles le métier de lire et le plaisir de transmettre ? On peut en douter. Les splendides coquilles trop pleines d'ouvrages craquent, se fendent et répendent leur contenu dans le ruisseau de l'oubli faute de passeurs. Pire, avec ce type d'exposition,  elles sont leurs propres dupes : elles croient chanter leur gloire quand elles font l'apologie du rien. 

Catherine Plassart

 

 

Les artistes exposés :  Elvire Bonduelle, Sammy Engramer, Eden Morfaux, Estefania Penafiel Loaiza, Julien Prévieux, Yann Sérandour, Frédéric Teschner, Sébastien Vonier.

 

 

 

Eden Morfaux, Frédéric Teschner

 

 

 

 

 

Yann Serandour

 

 

Estefania Penafiel

 

 

photos : (1) Vue de l'exposition. Photo : Y Gozard premier plan "La totalité des propositions vraies (avant)" de Julien Prévieux, (2) à gauche : 533, 2006-2012S Vonier. Au centre et à droite : L'Etude, 2008 de Eden Morfaux et les Couvertures muettes, 2012 de Frédéric Teschner. Photo : Yohann Gozard, (3) © E Penafiel Loaiza / galerie A Gutharc ; De la rigueur de la science Vues d’exposition. Photo : Yohann Gozard 

Par Art Point France - Publié dans : Liber amoris - Ecrire un commentaire
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